L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • La restructuration touche 1 271 postes, environ 22 % des effectifs mondiaux de Canva, entre suppressions, changements de fonction et mutations ; aucune répartition n'a été communiquée.
  • Melanie Perkins indique que la croissance a ralenti cette année pour la première fois en dix ans et que les nouvelles technologies transforment la façon de créer.
  • Les salariés qui partent toucheront au moins six mois de salaire ; les équipes produit seront regroupées à Sydney et les employés en mode hybride devront venir au bureau deux à trois jours par semaine à partir de janvier.

Canva, l'entreprise australienne de design en ligne, a annoncé une restructuration qui concerne 1 271 postes, soit environ 22 % de ses effectifs dans le monde. Sa cofondatrice et directrice générale, Melanie Perkins, a présenté le plan dans un message aux salariés le 4 novembre, y voyant « sans aucun doute le moment le plus difficile » des treize ans d'histoire du groupe. Selon HCAMag, il s'agit de la première vague de licenciements depuis la création de l'entreprise en 2013.

Ce qui change

Tous les salariés concernés ne partiront pas. Le chiffre recouvre des suppressions de postes, des changements de fonction et des mutations vers des sites centraux, et Canva n'a pas précisé combien d'emplois disparaîtront purement et simplement. L'entreprise prévoit de fusionner ses équipes produit, croissance et plateforme en une seule organisation produit et de supprimer des échelons hiérarchiques. Sydney deviendra la base principale d'un plus grand nombre d'équipes produit, ce qui pourrait obliger certains employés à déménager ; Canva compte aujourd'hui des salariés dans 37 pays. À partir de janvier, la plupart des employés en mode hybride devront être présents au bureau deux à trois jours par semaine.

Les partants recevront au moins six mois de salaire, rapporte ABC News, et un nouveau fonds proposera des subventions de 10 000 dollars américains à ceux qui veulent créer une entreprise ou un projet associatif. HCAMag, citant d'autres médias australiens, ajoute douze mois de couverture santé là où Canva en fournit une, la possibilité de garder son ordinateur portable professionnel et la suppression d'une période d'attente d'un an pour l'acquisition des actions.

Pourquoi maintenant ?

Melanie Perkins a expliqué que la croissance avait ralenti cette année pour la première fois en dix ans et que de petits ajustements ne suffiraient pas à préparer la prochaine étape. Elle a aussi affirmé que les nouvelles technologies modifient ce que les gens créent, leur manière de le faire et ce qu'ils attendent des produits.

ABC News relève que l'annonce ne mentionne pas explicitement l'intelligence artificielle. D'autres médias font le lien plus directement. La BBC rattache la restructuration à la baisse de la valeur de Canva, sur fond d'inquiétudes quant aux effets de l'IA sur son activité, et au coût croissant de l'intégration de l'IA dans ses produits. HCAMag rapporte que Blackbird, principal investisseur en capital-risque de Canva, a réduit en août sa valorisation de l'entreprise de 17 %, à 34,9 milliards de dollars américains, alors que les investisseurs craignent que l'IA ne fragilise les éditeurs de logiciels.

Contexte

Canva est la dernière grande entreprise technologique australienne à réduire ses effectifs cette année. Atlassian a supprimé environ 1 600 emplois en mars et WiseTech Global a annoncé quelque 1 700 suppressions plus tôt en 2026, selon HCAMag.