L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Digital Science a annoncé l'acquisition le 29 octobre depuis Londres ; le montant et les conditions n'ont pas été dévoilés.
  • Fondée en 2020, Jenni AI revendique plus de 8 millions d'utilisateurs dans 189 pays et conserve son nom, son équipe, ses tarifs et ses formules.
  • Dans les prochains mois, Jenni AI doit être reliée à Dimensions, une base de 171 millions de publications, à commencer par la recherche en texte intégral.

Digital Science, entreprise britannique qui fournit logiciels et données au monde de la recherche, a annoncé le 29 octobre le rachat de Jenni AI, un assistant d'IA dédié à la recherche et à la rédaction académiques. Le prix de la transaction n'a pas été communiqué.

Ce que fait Jenni AI, et ce qui ne change pas

Jenni AI a été fondée en 2020 par David Park, aujourd'hui directeur général, et Henry Mao. La société affirme compter plus de 8 millions d'étudiants et de chercheurs utilisateurs dans 189 pays. L'outil permet d'importer des articles ou une bibliothèque de références, d'explorer des sources, de rédiger et retravailler un texte, puis de confronter les citations aux documents d'origine.

Selon l'annonce, Jenni AI restera un produit distinct, sous sa propre marque. L'équipe, les prix et les abonnements restent inchangés pour l'instant. Dans le portefeuille de Digital Science, il rejoint d'autres outils destinés aux chercheurs, comme l'éditeur LaTeX Overleaf, ReadCube et Papers AI. Le groupe exploite aussi Altmetric, Figshare, Symplectic et l'outil linguistique Writefull.

Pourquoi Digital Science s'y intéresse

L'argument avancé est celui de l'ancrage dans les sources. Dans les prochains mois, Jenni AI doit être branchée sur les données de Digital Science, en commençant par Dimensions, une base qui recense selon l'entreprise 171 millions de publications. La recherche en texte intégral de Dimensions doit aider les utilisateurs à trouver des articles, à les comprendre et à les citer correctement. Stephen Leicht, directeur général de Digital Science, estime qu'un chatbot généraliste ne peut pas fournir une citation vérifiée par rapport à l'article réel.

Tech.eu relève un autre intérêt pour l'acquéreur : des relations directes renforcées avec les doctorants et les étudiants de master au début de leur parcours de recherche.

Contexte et questions ouvertes

L'opération intervient alors qu'universités et éditeurs peinent à définir un usage acceptable de l'IA dans l'écriture scientifique. Digital Science cite une enquête d'Oxford University Press menée en septembre 2026 auprès de plus de 2 600 chercheurs : 74 % ne savaient pas quels usages de l'IA déclarer, et 48 % reconnaissaient ne pas avoir entièrement déclaré le leur.

Plusieurs points restent flous. Les entreprises n'ont donné aucun calendrier plus précis que « les prochains mois » pour l'intégration de Dimensions, ni indiqué si l'accès complet aux données entraînera un surcoût. Aucune évaluation indépendante ne montre encore dans quelle mesure ce couplage réduit les citations erronées ou inventées, et les deux comptes rendus publiés reposent surtout sur les déclarations des sociétés.