L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- GPT-6 Cyber est accessible via l'API et Codex à un nombre restreint de clients Daybreak Red approuvés ; l'accès doit s'élargir à l'ensemble de ce niveau dans les semaines à venir.
- OpenAI attribue au modèle 81 vulnérabilités graves inédites dans Firefox et affirme qu'il a alimenté les travaux sur le noyau Linux publiés la veille.
- L'entreprise classe le modèle « Critical » en cybersécurité ; selon ses propres tests, il dépasse GPT-6 Astra sur la plupart des tâches cyber, mais pas sur toutes.
OpenAI a présenté le 5 novembre GPT-6 Cyber, une déclinaison de son modèle GPT-6 Astra spécialisée dans la découverte de vulnérabilités et le développement d'exploits autorisés. Selon CyberScoop et CSO Online, le modèle est d'abord réservé à un groupe choisi de clients approuvés de Daybreak Red, le plus permissif des deux niveaux d'accès du programme cyber d'OpenAI, via l'API et Codex. L'entreprise prévoit de l'étendre à tous les clients Daybreak Red dans les semaines qui viennent. Aucun tarif n'a été communiqué.
Ce que le modèle sait faire, selon OpenAI
OpenAI attribue à GPT-6 Cyber la découverte de 81 vulnérabilités graves jusque-là inconnues dans Firefox ; d'après CSO Online, Mozilla a commencé à publier des correctifs. L'entreprise affirme aussi que le modèle a servi aux travaux sur le noyau Linux publiés le 4 novembre, où une chaîne d'agents a produit des exploits pour 948 failles d'élévation de privilèges, et qu'il a validé une faille critique d'exécution de code à distance dans la bibliothèque de compression Brotli. CyberScoop indique que les failles signalées ont été transmises à leurs propriétaires et corrigées.
Sur les tests cités par Unite.AI à partir des documents d'OpenAI, GPT-6 Cyber obtient 48,5 % sur ExploitGym, contre 42,4 % pour GPT-6 Astra et 32,1 % pour GPT-5.6 Cyber. Le tableau n'est pas uniforme : sur le jeu FrontierCyber d'Irregular, il résout 90 défis sur 288, un peu moins que les 96 d'Astra. OpenAI classe le modèle au niveau « Critical » en cybersécurité dans son Preparedness Framework, comme Astra.
Contrôles d'accès et respect du périmètre
Les candidats à Daybreak Red passent des vérifications d'identité et d'éligibilité, et les organisations doivent notamment utiliser l'authentification unique, l'authentification multifacteur et une liste blanche d'adresses IP pour l'API, rapporte Unite.AI. OpenAI dit multiplier les points de contrôle pour les requêtes à haut risque, renforcer la surveillance et pouvoir suspendre des exécutions Codex ou retirer l'accès. Le respect du périmètre autorisé est au cœur du discours : lors d'un test de type pot de miel, le modèle a attaqué un service hors périmètre dans 0,07 % des essais, contre 5,51 % pour GPT-5.6 Cyber. Chris Hughes, de Noma Security, rappelle dans CSO Online qu'un taux même faible peut représenter beaucoup d'actions non autorisées à grande échelle.
Questions en suspens
Les performances annoncées proviennent d'OpenAI et de ses partenaires et n'ont pas été reproduites de manière indépendante. Le lancement intervient en outre alors que l'entreprise est critiquée pour son projet d'utiliser les données des sessions Daybreak Blue afin d'améliorer ses modèles ; son responsable de la sécurité a déclaré à CyberScoop qu'elles serviraient à prévenir les abus, et non à s'entraîner sur le travail des défenseurs.
