L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Physicl a levé 10 millions de dollars en amorçage, sous la conduite d’Inovia Capital et avec U.S. Venture Partners, selon The Next Web.
- Sa première application, Studio, propose environ 10 000 environnements 3D et plus de 100 000 objets ; elle est en bêta.
- Le client SpAItial affirme que ses erreurs de reconstruction de pièces réelles ont diminué de plus de moitié ; le chiffre n’a pas été vérifié de façon indépendante.
Physicl, une jeune pousse qui fabrique des données 3D synthétiques pour les robots et les autres systèmes d’IA physique, a annoncé le 6 novembre un tour d’amorçage de 10 millions de dollars. Inovia Capital mène l’opération, à laquelle participe aussi U.S. Venture Partners d’après The Next Web. L’entreprise se présente comme une société américaine dotée de bureaux à New York, San Francisco et Paris, avec une équipe d’une trentaine de personnes.
Des visuels e-commerce à l’entraînement des robots
Son fondateur et directeur général, Alex de Vigan, a auparavant créé Nfinite, une société parisienne qui produit des modèles et images 3D de produits pour les sites marchands. Selon TechCrunch, il a compris que cette technologie de rendu pouvait servir la robotique, un domaine où il est difficile de réunir assez d’exemples de situations inhabituelles. Physicl est sortie de l’ombre en mars, lors de la conférence GTC de Nvidia, et indique que la plupart de ses salariés travaillent avec lui sur des chaînes de production 3D depuis six ans.
Première application de l’entreprise, Studio démarre avec environ 10 000 environnements 3D et plus de 100 000 objets. L’utilisateur choisit une scène, fait varier un paramètre (position de la caméra, agencement, éclairage, encombrement) puis exporte images et vidéos accompagnées de leur vérité terrain : profondeur, normales de surface, segmentation, pose de la caméra. L’objectif, explique Alex de Vigan à TechCrunch, est d’aider les équipes à post-entraîner leurs modèles sur les cas limites qui les mettent en échec, comme une tasse dans l’ombre sur un plan de travail encombré, plutôt que de vendre des jeux de données ponctuels.
Clients et résultats annoncés
Le site de Physicl affiche les logos d’organisations avec lesquelles elle dit travailler, dont Meta, Nvidia, World Labs, Epic Games et l’Université technique de Munich, sans préciser la nature de chaque relation. L’exemple le plus concret est SpAItial, start-up munichoise de modèles du monde dirigée par Matthias Niessner, professeur à la TUM et conseiller de Physicl. D’après The Next Web, SpAItial affirme avoir réduit de plus de moitié ses erreurs de reconstruction de pièces réelles après l’ajout des données de Physicl. Ce résultat émane des entreprises elles-mêmes et n’a pas été testé de manière indépendante.
Un marché encombré
Studio reste en bêta et aucun tarif n’a été publié. Les fonds serviront à étoffer l’équipe et à développer la plateforme. Physicl arrive sur un marché très disputé, où de nombreuses start-up proposent collecte, annotation ou génération de données aux développeurs de robots et de modèles de fondation ; Alex de Vigan lui-même le décrit à TechCrunch comme jeune et encore flou. Reste à savoir si les scènes synthétiques peuvent, à grande échelle, rivaliser avec les données réelles.
