L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Le Wesleyan Media Project a recensé 289 publicités politiques distinctes générées ou retouchées par IA durant ce cycle, pour plus de 187 millions de dollars de dépenses estimées.
- Selon On Point (WBUR), environ la moitié montraient de vrais candidats et la plupart ne signalaient pas l'usage de l'IA ; un peu plus de 90 % des dépenses venaient de commanditaires proches des républicains.
- Aucune règle fédérale n'encadre l'IA dans la publicité politique ; les invités divergent sur la nécessité de nouvelles lois ou d'étiquettes.
Les vidéos synthétiques de personnalités politiques réelles sont devenues monnaie courante dans la publicité électorale américaine lors des élections de mi-mandat 2026, selon un épisode d'On Point diffusé le 6 novembre par WBUR. L'émission, animée par Meghna Chakrabarti, s'appuyait sur le suivi du Wesleyan Media Project, qui observe la publicité politique.
Ce que montre le suivi
Dans son communiqué du 29 octobre, le Wesleyan Media Project indique avoir repéré 289 publicités distinctes créées ou retouchées par IA, pour des dépenses estimées à plus de 187 millions de dollars. Un peu plus de 90 % de cette somme, soit environ 169 millions, provenait de candidats, de comités du parti ou de groupes alliés républicains, et 82 % des publicités avaient un commanditaire républicain, contre 13 % pour les démocrates. D'après le résumé de WBUR, environ la moitié de ces annonces reprenaient l'image de vrais candidats, et la plupart n'informaient pas le public du recours à l'IA. Dans un décompte antérieur publié en septembre, portant sur 164 publicités, le projet constatait que 69 % ne comportaient aucune mention d'IA.
Le projet repère les annonces grâce aux mentions légales, aux articles de presse, aux données d'AdImpact et aux vérifications de ses codeurs, et reprend les estimations de dépenses d'AdImpact. Il prévient que ses totaux sont très probablement sous-estimés, car une grande partie des usages de l'IA est difficile à détecter.
Parmi les exemples évoqués : une publicité de la campagne de Stacey Garrity montrant une version générée par IA du gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, avec une mention n'apparaissant qu'au bout d'environ 45 secondes, et une annonce du Senate Leadership Fund mettant en scène un deepfake du sénateur de Géorgie Jon Ossoff.
Un patchwork de règles
Selon Erika Franklin Fowler, codirectrice du projet, il n'existe aucune réglementation fédérale de l'IA dans la publicité, mais un patchwork de lois d'États qui visent surtout les scrutins locaux. Maya Hutchinson, fondatrice de BattlegroundAI et ancienne stratège démocrate, estime qu'une trentaine d'États ont adopté une forme de règle. Eric Wilson, du Center for Campaign Innovation, proche des républicains, juge que les lois existantes contre la tromperie suffisent. Hany Farid, de Dartmouth, suggère que le Congrès interdise l'IA dans les publicités politiques ou impose une mention, et Samuel Woolley, de l'université de Pittsburgh, appelle à une loi fédérale.
Précautions
WBUR précise que la transcription de l'épisode a été générée par IA puis corrigée, et un chiffre cité à l'antenne, environ 200 vidéos, ne correspond pas au total de 289 publicités. Faute de pourcentage précis, la part d'annonces montrant de vrais candidats provient du résumé de WBUR, non d'une ventilation de Wesleyan ; elle n'a pas pu être vérifiée de façon indépendante.
