L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Adweek, qui cite deux personnes au fait du dossier, affirme qu'Anthropic et l'AP ont conclu un accord de licence de contenus et de données juste avant les élections de mi-mandat.
- Le soir de l'élection, Claude affichait des informations à jour, comme des données de sondage, attribuées à l'AP ; les conditions financières n'ont pas été dévoilées.
- Anthropic n'avait jusqu'ici acquis aucune licence auprès d'un éditeur numérique, alors qu'OpenAI a signé plus d'une douzaine d'accords de ce type.
Anthropic a conclu avec l'Associated Press un accord de licence portant sur des informations électorales, a rapporté Adweek le 4 novembre. Le magazine spécialisé, qui s'appuie sur deux personnes au fait du dossier, indique que l'accord a été signé peu avant les élections de mi-mandat américaines et qu'il s'agit de la première fois qu'Anthropic rémunère un éditeur de presse numérique pour utiliser ses contenus. Anthropic n'a pas répondu à la demande de commentaire d'Adweek et l'AP ne s'est pas exprimée officiellement : l'accord n'est donc pas confirmé à ce stade.
Ce que couvre l'accord
D'après l'article, les utilisateurs de Claude qui demandaient des mises à jour le soir de l'élection recevaient des informations récentes, notamment des données de sondage, créditées à l'agence. RuntimeWire, qui résume les informations d'Adweek, précise que les réponses portaient la mention « provided by and attributed to the Associated Press ». Ni le montant, ni la durée du contrat, ni le périmètre exact des données n'ont été rendus publics.
Cet accord fait suite à l'annonce, en octobre, qu'au moment des élections de mi-mandat Claude puiserait les informations de vote propres à chaque État auprès de l'association Democracy Works et afficherait les résultats officiels, comme l'avait rapporté RuntimeWire.
Un changement de position
Jusqu'ici, Anthropic se tenait à l'écart du marché des licences de contenus. Adweek rapporte qu'en août, des dirigeants de médias numériques estimaient que l'entreprise considérait son usage des contenus d'éditeurs comme relevant du fair use et qu'elle n'envisageait aucun partenariat. OpenAI, à l'inverse, a négocié plus d'une douzaine d'accords de licence, entre autres avec Axel Springer, News Corp et The Atlantic.
Selon Adweek, l'AP est un premier partenaire logique : l'agence tire l'essentiel de ses revenus des licences et de ses services de dépêches, et elle a aussi été le premier éditeur à signer des accords de licence avec Google et OpenAI. RuntimeWire estime que des informations urgentes comme les résultats électoraux sont justement le type de contenu qui peut pousser les entreprises d'IA à payer, et que les autres éditeurs disposent désormais d'un précédent à invoquer.
Contexte et questions ouvertes
Ces informations tombent alors qu'Anthropic prépare son introduction en Bourse ; RuntimeWire rappelle que l'entreprise a déposé publiquement son formulaire S-1 le 26 octobre. Adweek présente l'accord avec l'AP comme un test limité plutôt qu'un virage stratégique durable, et s'attend à ce qu'Anthropic s'appuie sur ses résultats pour décider de conclure ou non d'autres accords avec des éditeurs. On ignore encore si l'arrangement va au-delà de la couverture électorale ou de ce cycle électoral.
