L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Le PIF et Aramco ont annoncé le 1er novembre qu'Aramco détient désormais, via une filiale à 100 %, 49 % de HUMAIN ; le PIF garde une participation de contrôle de 51 %.
  • L'apport d'Aramco comprend environ 9,9 milliards de riyals (2,6 milliards de dollars) versés en numéraire à HUMAIN en 2026, plus des actifs d'IA, de calcul et numériques dont la valeur n'a pas été publiée.
  • HUMAIN, lancée en mai 2025, vise 3 gigawatts de capacité de centres de données d'IA d'ici 2030 et développe le modèle arabe ALLaM.

Les deux plus grands acteurs économiques publics d'Arabie saoudite ont achevé de réunir une partie de leurs ambitions dans l'IA. Le dimanche 1er novembre, le Fonds public d'investissement (PIF) et Aramco ont annoncé la finalisation d'une opération qui donne au groupe pétrolier 49 % de HUMAIN, la société nationale d'IA créée par le PIF en mai 2025. Le PIF conserve 51 % et donc le contrôle.

Ce qui change de mains

Selon l'annonce relayée par Arabian Business et Unite.AI, Aramco a pris cette participation par l'intermédiaire d'une filiale qu'il détient entièrement. Son apport se compose de deux volets : environ 9,9 milliards de riyals, soit quelque 2,6 milliards de dollars, versés en numéraire à HUMAIN au cours de 2026, et le transfert de ses propres actifs d'IA, de calcul et numériques. Aucune des deux parties n'a précisé quels actifs ont été cédés ni comment ils ont été valorisés.

L'opération fait suite à une lettre d'intention non contraignante signée en octobre 2025. Le PIF avait déjà intégré à HUMAIN une autre de ses filiales, la Saudi Company for Artificial Intelligence.

Ce que HUMAIN doit devenir

HUMAIN intervient dans quatre domaines : de nouveaux centres de données, des infrastructures cloud et de calcul haute performance, des modèles d'IA et des applications sectorielles. Son modèle le plus connu est ALLaM, un modèle multimodal conçu pour l'arabe. L'entreprise dit viser 3 gigawatts de capacité de centres de données d'IA d'ici 2030 et vouloir exporter des services d'IA.

Les deux actionnaires ne présentent pas l'accord de la même façon. Le PIF le rattache à sa stratégie 2026-2030 et estime que la réunion des portefeuilles favorisera les talents et la propriété intellectuelle. Le PDG d'Aramco, Amin Nasser, y voit un moyen d'appliquer l'IA à ses opérations industrielles et de tirer des revenus d'actifs d'IA qu'il possède déjà, en complément de son activité énergétique.

Questions en suspens

L'annonce ne donne ni valorisation globale de HUMAIN, ni détail des actifs apportés en nature, ni nouveau calendrier pour l'objectif de 3 gigawatts. Ces éléments seront déterminants pour juger si l'ensemble peut financer un déploiement de l'ampleur annoncée. L'accord place toutefois la première entreprise du royaume directement derrière son principal véhicule d'IA, dans un mouvement plus large des pays du Golfe qui cherchent à posséder capacités de calcul et modèles plutôt qu'à seulement les acheter.