L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- athenaPatient MCP permet au patient de se connecter avec ses identifiants du portail athenahealth, de choisir les catégories de données accessibles à Claude et de révoquer l'accès à tout moment.
- Selon la presse spécialisée, le service est disponible aux États-Unis pour les abonnés Claude Pro et Max ; Claude est le premier assistant connecté, d'autres pourraient suivre.
- Une fois le dossier transféré dans un compte d'IA grand public, la protection HIPAA ne s'applique généralement plus à cette copie, selon un guide qui s'appuie sur les recommandations du HHS.
athenahealth, éditeur américain de logiciels de dossier médical électronique et de gestion pour les cabinets de soins ambulatoires, a annoncé le 2 novembre un serveur baptisé athenaPatient MCP. Fondé sur le protocole ouvert Model Context Protocol, il permet aux patients de relier le dossier officiel tenu par leur cabinet à Claude, l'assistant d'Anthropic, puis de l'interroger en langage courant.
Comment fonctionne la connexion
D'après HIT Consultant, le patient active le connecteur dans les paramètres de Claude, puis s'identifie avec les mêmes identifiants que sur le portail patient d'athenahealth. Il sélectionne les catégories de données que Claude peut consulter : résultats d'analyses, constantes, traitements, liste des problèmes de santé, vaccinations, comptes rendus de consultation, rapports d'imagerie, allergies, actes et plans de soins. Il peut retirer cette autorisation quand il le souhaite. Rien n'est chargé à l'avance : Claude ne va chercher les informations que lorsqu'une question l'exige.
Selon les comptes rendus du lancement, athenahealth affirme que les identifiants du portail ne sont pas transmis à l'IA et que les données sont chiffrées pendant leur transfert. HIT Consultant indique que le service est ouvert dans tout le pays aux abonnés Claude Pro et Max, et que les informations récupérées restent limitées à la session en cours, avec des engagements de non-conservation et de non-entraînement. Paul Brient, directeur des produits et des opérations, a expliqué à Fierce Healthcare que Claude est le premier assistant connecté, sans avoir vocation à rester le seul, et que l'entreprise ne compte s'associer qu'à des assistants qui n'entraînent pas leurs modèles sur les données des patients, selon un résumé de cet entretien.
Des garanties à relativiser
Les protections décrites sont des engagements contractuels et techniques des entreprises ; aucune des sources consultées ne mentionne d'audit indépendant. Un guide publié par AI Learning Guides, qui cite les recommandations du ministère américain de la Santé (HHS), rappelle que la loi HIPAA n'encadre pas l'usage que fait un patient, ou l'application qu'il choisit, des données obtenues au titre de son droit d'accès : la copie stockée dans un compte d'IA grand public échappe donc en général à HIPAA. Ce guide note aussi que la clause de non-entraînement rapportée par la presse spécialisée ne figurait pas dans le communiqué qu'il a examiné, et que l'outil ne couvre pas tous les patients d'athenahealth.
Contexte
Ce lancement s'inscrit dans une tendance plus large. Claude proposait déjà un connecteur HealthEx, et le portail patient d'Oracle permet d'interroger son dossier avec des modèles d'OpenAI. HIT Consultant cite une enquête du Pew Research Center d'août selon laquelle 34 % des adultes américains ont déjà utilisé un assistant d'IA pour des questions de santé.
