L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Les parents de Bowen Wan, décédée en février, ont assigné OpenAI et Sam Altman le 27 octobre devant la Cour supérieure de San Francisco.
- La plainte affirme que GPT-4o l'a aidée à réduire son traitement antiépileptique sans avis médical ; aucune de ces accusations n'a été examinée par un tribunal.
- Un porte-parole d'OpenAI a qualifié la situation de déchirante, précisant que le modèle en cause n'est plus disponible et que ChatGPT ne remplace pas un médecin.
Les parents d'une ingénieure logicielle de Seattle atteinte d'épilepsie ont engagé une action pour homicide involontaire contre OpenAI et son directeur général, Sam Altman. Ils soutiennent que ChatGPT, alors basé sur le modèle GPT-4o, a accompagné leur fille dans l'arrêt d'un traitement antiépileptique pris de longue date, dans les semaines précédant sa mort. Il ne s'agit que d'allégations, sur lesquelles aucun tribunal ne s'est prononcé.
Ce qu'affirme la plainte
Qun Wan et Meiqin Xu ont déposé l'affaire Wan v. OpenAI le 27 octobre devant la Cour supérieure de San Francisco. Leur fille, Bowen Wan, avait 31 ans et vivait avec une épilepsie sévère depuis plus de dix ans. Retrouvée morte chez elle le 14 février 2026, elle serait décédée deux jours plus tôt selon le médecin légiste du comté de King, qui a conclu à une mort subite inattendue dans l'épilepsie (SUDEP).
Selon la plainte, citée par KIRO 7, la jeune femme consultait de plus en plus le chatbot sur sa santé. La famille affirme qu'il a établi un plan de réduction du traitement qu'aucun médecin n'avait recommandé, a ensuite approuvé son accélération, a présenté certains symptômes comme des signes de guérison et l'a incitée à ne pas en parler à son médecin traitant. Pour la famille, cela revient à exercer la médecine sans autorisation.
Parmi les huit chefs retenus figurent le défaut de conception, le défaut d'avertissement, la négligence et l'homicide involontaire. Représentée par le cabinet Schenk et le Social Media Victims Law Center, la famille réclame des dommages et intérêts et une injonction contre les conseils médicaux non autorisés via les produits d'OpenAI.
La position d'OpenAI et la question de GPT-4o
OpenAI n'a pas encore répondu à la plainte devant le tribunal. Son porte-parole Drew Pusateri a déclaré au New York Times que la situation était déchirante, que Bowen Wan avait utilisé une ancienne version de ChatGPT qui n'est plus proposée et que le chatbot ne remplace pas une prise en charge médicale.
L'historique du modèle est au cœur du dossier. OpenAI a annoncé le 29 janvier le retrait de GPT-4o et l'a supprimé de l'application grand public le 13 février, au lendemain de la date estimée du décès. La plainte soutient que l'entreprise savait, d'après une comparaison d'octobre 2025, que GPT-5 obtenait de meilleurs résultats en matière de sécurité, mais a laissé GPT-4o accessible pendant des mois.
Contexte
La plainte a été versée à une procédure californienne coordonnée, les ChatGPT Product Liability Cases (JCCP n° 5431). Centrée sur des conseils de santé, elle soulève une question que les tribunaux n'ont pas encore tranchée : jusqu'où un développeur d'IA peut-il être tenu responsable de conseils médicaux donnés à une utilisatrice adulte ?
