L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Dans un billet de blog daté du 6 novembre, John Langford écrit qu'AI Frontiers, un groupe de Microsoft Research d'une cinquantaine de personnes créé en 2023, n'existe plus.
  • Selon la page officielle du laboratoire, AI Frontiers fait partie de Microsoft AI depuis le 14 septembre 2026 ; Langford parle d'une réorganisation imposée.
  • Langford dit avoir quitté Microsoft en raison d'un désaccord avec une direction centrée sur le passage à l'échelle ; aucune réaction de Microsoft n'a été rapportée.

John Langford, chercheur de longue date chez Microsoft Research à New York et cocréateur de la bibliothèque d'apprentissage automatique Vowpal Wabbit, a quitté Microsoft. Dans un billet daté du 6 novembre sur son blog, Machine Learning (Theory), il écrit qu'« AI Frontiers is over » (AI Frontiers, c'est fini), à propos du groupe de recherche qu'il avait contribué à fonder.

Ce qu'il est advenu du groupe

AI Frontiers a été créé au sein de Microsoft Research en 2023, après la sortie de ChatGPT, pour mener une recherche en IA plus coordonnée. Langford évalue ses effectifs à une cinquantaine de personnes. La page du laboratoire sur le site de Microsoft désigne Ece Kamar comme directrice et affiche une mise à jour du 14 septembre 2026 annonçant son intégration à Microsoft AI. Langford qualifie cette réorganisation de non consentie et précise que le groupe n'accueillera aucun stagiaire l'an prochain.

Il dresse la liste de ce qu'il considère comme l'héritage de l'équipe : le cadre AutoGen, qui orchestre plusieurs agents, l'agent Fara, capable d'utiliser un ordinateur, et, du côté de l'équipe new-yorkaise, des travaux sur de nouveaux objectifs d'entraînement, un optimiseur dérivé de Muon et une variante de transformeur fondée sur la récursion. Il mentionne aussi un dépôt de code partagé par défaut dans tout Microsoft Research, qui comprenait une base de code de préentraînement.

Pourquoi Langford est parti

Langford explique être en désaccord avec la direction de Microsoft AI, dont l'approche serait selon lui tournée vers le passage à l'échelle plutôt que vers la recherche, et avoir constaté que l'équipe n'y était manifestement pas désirée. Il dit avoir recasé ses collaborateurs du mieux possible avant de partir, et ajoute que les autres membres fondateurs de la direction d'AI Frontiers sont arrivés à des conclusions comparables. S'il n'est pas revenu chez Microsoft Research, c'est qu'il doute que la recherche y débouche encore sur des usages concrets. Il ne précise pas sa prochaine destination.

Les zones d'ombre

Aucune réaction de Microsoft n'a été rapportée. L'article de NewsBytes du 7 novembre et la synthèse de HyperAI ne contiennent aucune déclaration de l'entreprise, et aucune enquête indépendante d'un grand média n'a pu être trouvée au moment de la rédaction. Le récit de la fin du groupe repose donc largement sur le billet de Langford. On ignore combien de la cinquantaine de chercheurs restent chez Microsoft, ce que deviendront les projets cités, et si la page du laboratoire, qui présente toujours AI Frontiers comme une unité active dirigée par Ece Kamar, sera modifiée.