L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- OpenAI dit qu'elle paiera l'intégralité de l'électricité et des infrastructures réseau nécessaires à ses campus, et qu'elle déposera des garanties financières pour protéger les autres abonnés.
- L'entreprise renonce aux accords de confidentialité avec les élus, sauf exceptions étroites (sécurité, secrets d'affaires), et publiera des données sur l'eau, l'électricité et le bruit de chaque site.
- Un « Compute Campus Policy Blueprint » distinct invite les élus fédéraux, des États et locaux à rendre ces règles obligatoires plutôt que volontaires.
OpenAI a publié le 5 novembre ce qu'elle appelle un National Community Compact, une liste d'engagements pour les data centers – ou « campus de calcul » – qu'elle possède et exploite aux États-Unis. S'y ajoute un Compute Campus Policy Blueprint destiné aux législateurs. Quelques jours plus tôt, son directeur des affaires mondiales, Chris Lehane, n'évoquait encore que des pistes, comme rebaptiser les data centers ; voici les premiers engagements écrits.
Ce que promet OpenAI
D'après Seeking Alpha et ShiftDelete.Net, les principaux engagements sont les suivants :
- payer l'intégralité du coût de l'électricité et des infrastructures nécessaires au campus, équipements de réseau compris, afin que les ménages voisins ne voient pas leur facture augmenter ;
- déposer des garanties financières avant les grosses dépenses, pour protéger les autres clients du fournisseur si un projet est retardé, réduit ou abandonné ;
- ne plus faire signer d'accords de confidentialité aux élus, hormis des exceptions étroites pour la sécurité, les secrets d'affaires et les informations commercialement sensibles ;
- publier les plans de construction ainsi que la consommation d'eau et d'électricité de chaque site, et faire réaliser des études de bruit indépendantes avant la mise en service puis chaque année ;
- désigner un interlocuteur local, fixer des objectifs d'embauche locale lorsque c'est possible, réduire la demande en période de pointe et rendre compte publiquement des progrès chaque année.
Le blueprint demande aux responsables fédéraux, des États et locaux d'inscrire des exigences comparables dans la loi. Selon ShiftDelete.Net, Chris Lehane veut ainsi fixer un « plancher élevé » pour la manière dont les entreprises d'IA construisent.
Pourquoi maintenant ?
L'annonce intervient après les élections de mi-mandat du 3 novembre, lors desquelles les électeurs ont soutenu des restrictions sur les data centers dans la plupart des consultations locales suivies par Ballotpedia et CNBC, selon ces articles. La hausse des factures d'électricité et la consommation d'eau figurent parmi les principaux griefs. Le pacte prolonge des accords locaux antérieurs : un soutien aux repas scolaires gratuits dans le comté d'Effingham (Géorgie), un engagement de 6 millions de dollars avec SB Energy pour la garde d'enfants dans le comté de Pike (Ohio), et le programme Grid Protectors de réduction de la demande en cas de tension sur le réseau.
Les zones d'ombre
Ces engagements sont volontaires et visent les campus détenus et exploités par OpenAI ; on ignore comment ils s'appliqueront aux sites construits et gérés par des partenaires. Les articles ne précisent pas comment leur respect sera contrôlé, au-delà du rapport annuel d'OpenAI. Seeking Alpha relève que l'entreprise reconnaît que des questions au niveau des États et des collectivités pourraient encore retarder des projets.
