L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Dans 34 des 37 pays étudiés, plus d'adultes prévoient moins d'emplois que plus d'emplois à cause de l'IA d'ici 20 ans.
  • 76 % en Australie et en Corée du Sud et 71 % aux États-Unis s'attendent à moins d'emplois, contre 26 % à 47 % dans de nombreux pays à revenu intermédiaire, où l'incertitude est forte.
  • En médiane, 37 % des adultes sont plus inquiets qu'enthousiastes face à l'IA ; Israël est le seul pays où l'enthousiasme l'emporte.

Dans le monde, l'intelligence artificielle est plus souvent perçue comme une menace pour l'emploi que comme une source de nouveaux postes. C'est la principale conclusion d'une enquête du Pew Research Center publiée le 17 septembre, fondée sur des entretiens avec 42 151 adultes dans 36 pays entre février et mai 2026, auxquels s'ajoutent deux sondages distincts aux États-Unis.

Des pertes d'emplois attendues presque partout

Les répondants devaient dire si l'IA entraînera plus d'emplois, moins d'emplois ou peu de changement au cours des 20 prochaines années. Dans 34 des 37 pays, la réponse « moins d'emplois » devance « plus d'emplois ».

Le pessimisme est plus marqué dans les pays riches. Selon les chiffres rapportés par ThePrint, 76 % des adultes en Australie et en Corée du Sud s'attendent à moins d'emplois, tout comme 71 % aux États-Unis, 61 % au Canada et au Royaume-Uni et 60 % en France. Dans les pays à revenu intermédiaire, la proportion est bien plus faible : de 26 % au Nigeria et aux Philippines à 47 % en Argentine, avec 29 % en Inde. Ces pays comptent aussi beaucoup d'indécis : 54 % aux Philippines et 35 % en Inde.

Les États-Unis sont le seul pays où Pew a posé la question deux fois : la part de personnes anticipant des pertes d'emplois y est passée de 64 % en 2024 à 71 % en 2026.

Inégalités et sentiments partagés

Les répondants sont plus nombreux à penser que l'IA creusera l'écart entre riches et pauvres qu'à croire qu'elle le réduira. Dans aucun pays plus d'un quart des adultes ne pensent que l'IA réduira les inégalités, et dans 29 pays ce chiffre est inférieur à 10 %.

Le regard sur la technologie elle-même est plus nuancé qu'hostile. En médiane, 37 % se disent plus inquiets qu'enthousiastes et 41 % autant l'un que l'autre. Israël est le seul pays où les enthousiastes dépassent les inquiets. La Corée du Sud fait figure d'exception : parmi les plus convaincus que l'IA détruira des emplois, ses habitants sont aussi parmi les moins inquiets, 61 % se disant autant enthousiastes qu'inquiets.

Qui s'inquiète le plus

Les profils varient selon les pays. Au Canada, en France, en Inde ou en Suède notamment, les moins de 35 ans anticipent plus souvent des pertes d'emplois que les plus de 50 ans. Aux États-Unis, l'inquiétude des 18-34 ans est passée de 40 % en 2024 à 55 %. Dans 11 pays, surtout à revenu élevé, les femmes s'attendent plus souvent que les hommes à des pertes d'emplois.

Les limites des données

L'enquête mesure des attentes, pas les effets réels sur le marché du travail. Le nombre élevé d'indécis dans de nombreux pays à revenu intermédiaire, où Pew relève aussi une moindre connaissance de l'IA, signifie que ces résultats pourraient évoluer rapidement à mesure que la technologie se diffuse.