L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Le tour d'amorçage de 62,5 millions de dollars provient des fondateurs et d'Infinity Group sur trois ans, et non d'une levée classique auprès d'investisseurs extérieurs.
- Le modèle, fondé sur une architecture transformer, estime la probabilité qu'une personne prenne une décision donnée ; selon l'entreprise, 10 grands courtiers l'utilisent pour gérer liquidité, marges et couverture.
- La précision revendiquée de 98 % mesure si les flux d'ordres restent dans une fourchette prévue, pas chaque transaction ; aucun chiffre n'a été vérifié de façon indépendante.
La jeune pousse israélienne 42AI est sortie de la confidentialité le 2 novembre avec 62,5 millions de dollars de financement d'amorçage et un produit qu'elle appelle « modèle du monde comportemental » : un logiciel qui estime la probabilité qu'une personne donnée prenne une décision précise, y compris dans des situations inédites pour le système. Son premier marché est le courtage destiné aux particuliers.
Un financement atypique
Selon le directeur général Amit Gal-Or, cité par TechCrunch, l'argent vient des fondateurs et d'Infinity Group, sur trois ans, et non d'un tour externe unique. Infinity a été fondé par Amir Gal-Or, président et cofondateur de 42AI ; Ehud Ezra en est le directeur technique. L'entreprise compte lever davantage.
Le fonctionnement du modèle
42AI convertit les comportements observés en représentations mathématiques de traits personnels, qui alimentent un modèle du monde de type transformer, tandis qu'un modèle de langage distinct rédige une explication de chaque prédiction. Les premiers travaux ont porté sur des milliers de personnes soumises à des évaluations psychologiques et à des scénarios ; des jeux de données gouvernementaux et de biobanques couvrant plus de 2 millions de personnes ont été ajoutés ensuite, et les données clients concernent aujourd'hui près de 30 millions de personnes, selon l'entreprise. Il exploite notamment l'ouverture de compte, les appels au support, les virements et les ordres. 42AI assure que son système n'a pas besoin de données d'identification personnelle, mais TechCrunch relève qu'il construit tout de même un profil comportemental pour chaque client relié.
Une prépublication arXiv de février, cosignée par Ehud Ezra, décrit un « Large Behavioral Model » affiné à partir de Llama-3.1-8B-Instruct pour prédire des choix individuels à partir de profils psychométriques, avec des résultats comparables aux modèles de pointe mais sans chiffre de précision dans le résumé.
Des affirmations à prendre avec prudence
L'entreprise dit travailler avec 10 grands courtiers, qui s'appuient sur ses prévisions pour gérer liquidité, exigences de marge et couverture, et cite un courtier qui aurait gagné environ 30 millions de dollars grâce à une couverture dynamique. Elle revendique aussi 98 % de précision, mais le directeur général a précisé à TechCrunch que ce taux signifie que les flux restent dans une fourchette prévue, et non que chaque ordre est correctement anticipé ; les scores F1 sur le sens et le volume seraient de 0,80 à 0,85. Aucun de ces chiffres n'a été vérifié de façon indépendante.
Les fondateurs reconnaissent des limites : le modèle ignore par exemple le conseil d'un ami. Interrogé sur le risque que des courtiers retournent ces prédictions contre leurs clients, Ehud Ezra a jugé l'inquiétude légitime, évoquant régulation et comité d'éthique interne sans détailler de garde-fous. 42AI explore aussi le jeu vidéo, la lutte contre la fraude et la cybersécurité.
