L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Les entreprises du Decision Maker Panel estiment que l’IA a accru leur productivité d’environ 0,5 % en trois ans, soit 0,1 à 0,2 point par an depuis début 2024.
- Elles attendent de l’IA environ 0,9 point de croissance de la productivité par an sur les trois prochaines années, partagé entre embauches ralenties et production accrue.
- Selon la Banque, l’IA soutient surtout la demande pour l’instant : l’activité nouvelle liée à l’IA explique un peu moins d’un cinquième de la croissance du PIB britannique depuis début 2026.
Le rapport de politique monétaire de novembre 2026 de la Banque d’Angleterre, publié le 5 novembre, porte un regard prudent sur l’apport de l’intelligence artificielle à la productivité britannique. En s’appuyant sur son Decision Maker Panel (DMP), une enquête régulière auprès des entreprises du pays, la banque centrale indique que celles-ci évaluent à environ 0,5 % la hausse de leur productivité attribuable à l’IA au cours des trois dernières années. Ce qui correspond, selon ses calculs, à 0,1 à 0,2 point de croissance annuelle supplémentaire de la productivité depuis début 2024.
Des déclarations d’entreprises, pas des statistiques officielles
Ces chiffres sont déclaratifs, et le rapport souligne que l’incertitude sur l’ampleur et le calendrier des effets de l’IA reste grande. La productivité a progressé plus vite dans les secteurs exposés à l’IA, comme l’information et la communication, note la Banque, sans toutefois y dépasser les moyennes d’avant la pandémie.
Pour l’avenir, les entreprises se montrent plus optimistes. En moyenne, elles s’attendent à ce que l’IA ajoute environ 0,9 point par an à la croissance de la productivité au cours des trois prochaines années. D’après le rapport, ce gain proviendrait à parts à peu près égales d’une croissance plus lente de l’emploi et d’une production plus dynamique.
Côté emploi, les répondants du DMP ne constatent pour l’instant quasiment aucun effet de l’IA. Les contacts des agents régionaux de la Banque indiquent que l’IA rend les entreprises moins enclines à recruter ou à remplacer les départs, sans entraîner pour autant davantage de licenciements.
La demande d’abord, la productivité ensuite
À partir d’un indicateur fondé sur l’édition, la programmation et le conseil informatiques et les services d’information, les équipes de la Banque estiment que l’activité nouvelle liée à l’IA, une fois retirée la tendance technologique de long terme, représente un peu moins d’un cinquième de la croissance du PIB britannique depuis début 2026. Cette contribution semble venir des entreprises qui développent et déploient l’IA plutôt que d’une adoption généralisée : pour l’heure, la Banque y voit surtout un soutien à la demande.
Une grande partie du regain récent de productivité serait conjoncturelle, liée à la fin de la rétention de main-d’œuvre et à la hausse du coût du travail. La Banque cite néanmoins l’IA comme la seule explication susceptible de produire une hausse structurelle et durable, et annonce qu’elle réexaminera son hypothèse de productivité tendancielle de 1 % par an, notamment après la publication de nouvelles données sectorielles de l’ONS en février.
The Register, qui a couvert le rapport le 6 novembre, y a vu une douche froide pour les espoirs d’un boom de productivité porté par l’IA. Le rapport accompagnait une hausse du taux directeur de 0,25 point, à 4 %.
