L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- La NDRC a indiqué à SoftBank qu'elle n'approuverait pas le rachat, d'environ 5,4 milliards de dollars, de l'activité robotique d'ABB, d'abord révélé par le Financial Times.
- Les inquiétudes rapportées portent sur la sortie de données robotiques de Chine pour entraîner des modèles d'IA ; la Chine pèse environ 30 % de la robotique d'ABB.
- ABB affirme que les parties restent en contact étroit ; SoftBank n'a pas commenté et son titre a reculé à Tokyo.
La Commission nationale pour le développement et la réforme (NDRC), l'organe de planification chinois chargé d'examiner les investissements étrangers sous l'angle de la sécurité nationale, a signifié à SoftBank Group qu'elle n'approuverait pas le rachat de la division robotique d'ABB par le groupe japonais. Le Financial Times a été le premier à rapporter la décision, en s'appuyant sur des sources proches du dossier. Jeudi, ABB a confirmé à Reuters que la NDRC avait refusé son feu vert, tout en précisant que les entreprises restaient en contact étroit et travaillaient de manière constructive sur l'opération. SoftBank n'a pas souhaité commenter.
Un accord déjà validé par l'antitrust
SoftBank s'était entendu en octobre 2025 pour acquérir l'entité, basée à Zurich, pour environ 5,4 milliards de dollars, ce qui remplaçait le projet initial d'ABB d'en faire une société distincte. TechCrunch indiquait alors que la division comptait quelque 7 000 salariés et 2,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2024, avec une finalisation attendue entre le milieu et la fin de 2026. Masayoshi Son présentait l'« IA physique » comme la prochaine frontière de SoftBank.
D'après le compte rendu de BigGo Finance, fondé sur l'article du FT, la transaction avait franchi l'examen de concurrence chinois en février 2026 avant de passer devant un contrôle distinct de sécurité des investissements étrangers, où elle s'est enlisée. Un analyste de la Banque cantonale de Zurich, cité par Reuters, s'est dit surpris pour cette raison.
Les motifs de Pékin
Ni la NDRC ni SoftBank n'ont exposé publiquement les raisons du refus. Selon les articles reprenant le FT, les autorités craignent que des données robotiques sensibles soient transférées hors de Chine et servent à entraîner des modèles d'IA ; BW Businessworld ajoute que cela pourrait concerner des modèles d'OpenAI, dont SoftBank est un investisseur important. La Chine est le premier marché de la robotique d'ABB, avec environ 30 % de l'activité, et le siège mondial de la division se trouve à Shanghai.
BigGo rapporte que SoftBank cherche à identifier les points soulevés par l'examen et à savoir s'il peut redéposer son dossier. L'entreprise ne l'a pas confirmé.
Réaction boursière et contexte
Selon Reuters, l'action SoftBank a chuté de 6,8 % et celle d'ABB de 0,6 %. Un analyste de la Banque cantonale de Lucerne a estimé auprès de l'agence qu'un échec complet pourrait peser sur les projets d'acquisition à court terme d'ABB et sur la rémunération prévue des actionnaires.
Reuters relève qu'il s'agit du deuxième grand rachat bloqué par Pékin cette année, après l'ordre donné à Meta de défaire l'acquisition de la start-up d'IA Manus, sur fond de tensions entre la Chine et le Japon. Reste à savoir si SoftBank pourra remanier l'opération pour satisfaire l'examen de sécurité.
