L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Opentrons Labworks a annoncé le 29 octobre une série E de 40 millions de dollars menée par Avego, avec BroadOak Capital Partners et ses actionnaires historiques SoftBank Vision Fund et Khosla Ventures.
- L'entreprise financera le déploiement de ses robots, logiciels et infrastructures de données, l'exécution d'expériences pilotées par l'IA et son expansion vers de nouveaux marchés.
- Opentrons revendique plus de 11 000 robots déployés dans plus de 80 pays ; aucune valorisation n'a été communiquée.
Opentrons Labworks, entreprise new-yorkaise qui fabrique des robots de paillasse pour les laboratoires des sciences de la vie, a levé 40 millions de dollars en série E. L'annonce, diffusée par Business Wire le 29 octobre, repose sur un pari : les hypothèses formulées par l'IA seront de plus en plus testées par des robots plutôt qu'à la main.
Le tour de table
Le tour est mené par Avego, société d'investissement spécialisée dans la santé, fondée en 2015 et présente à New York et en Géorgie. BroadOak Capital Partners y participe, aux côtés des actionnaires existants SoftBank Vision Fund et Khosla Ventures. L'entreprise n'a communiqué ni sa valorisation ni le montant total levé depuis sa création.
Selon le communiqué, les fonds serviront à développer les robots, les logiciels et l'infrastructure de données d'Opentrons, à investir dans l'exécution d'expériences pilotée par l'IA, à étendre l'automatisation à l'ensemble de ses instruments, à accélérer la mise au point des protocoles grâce au logiciel et à l'IA, à renforcer l'intégration avec les autres outils d'automatisation et à conquérir de nouveaux marchés et zones géographiques.
Ce que vend Opentrons
Fondée en 2014, Opentrons conçoit des robots ouverts, pilotables par API, qui automatisent les tâches répétitives de paillasse. SiliconANGLE décrit deux machines principales : le Flex, qui traite davantage d'échantillons à la fois et peut recevoir une pince optionnelle pour déplacer les plaques, ce qui permet d'enchaîner plus d'étapes sans intervention humaine, et l'OT-2, plus petit et moins cher, destiné au pipetage courant. Parmi les usages typiques figurent l'extraction d'ADN, la PCR, la purification de protéines et les tests ELISA.
L'entreprise affirme avoir déployé plus de 11 000 robots dans plus de 80 pays et compter parmi ses clients 90 % des 20 premiers groupes pharmaceutiques mondiaux. Sa présentation institutionnelle retient un autre indicateur : 14 des 15 premiers groupes biopharmaceutiques mondiaux et toutes les universités de recherche américaines du top 20.
L'argumentaire et ses limites
L'idée centrale est que le laboratoire physique devient un goulet d'étranglement : les modèles d'IA proposent des expériences plus vite que les scientifiques ne peuvent les réaliser. Opentrons présente le Flex, associé à ses logiciels d'IA, comme une boucle où les expériences sont conçues, menées et affinées en continu. Son PDG, James Atwood, explique que ses systèmes sont conçus pour que l'IA puisse piloter directement des expériences ; James Flexner, associé gérant d'Avego, souligne que les découvertes issues de l'IA doivent encore être validées en laboratoire.
L'affirmation selon laquelle la science autonome se « standardise » sur Opentrons n'engage que l'entreprise : le communiqué ne fournit aucune donnée de part de marché pour l'étayer. La concurrence dans l'automatisation de laboratoire et le rythme auquel les laboratoires pharmaceutiques confieront réellement la conception d'expériences à l'IA diront si ce pari se vérifie.
