L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Le premier site de 5 000 m² en Italie doit être opérationnel au quatrième trimestre 2027 ; deux autres sont prévus, en Europe et pour les marchés mondiaux.
- Des flottes d'humanoïdes GENE.01 travailleront dans des reproductions d'environnements industriels, chacune dupliquée en jumeau numérique.
- L'architecture AMD Helios traitera les données réelles et synthétiques et servira à entraîner les modèles d'IA physique de l'entreprise.
Le développeur italien de robots humanoïdes Generative Bionics a annoncé son projet de « Physical AI Data Factory » : un réseau de sites où ses robots effectueront de véritables tâches industrielles afin de produire les données nécessaires à leur entraînement. L'entreprise a présenté le projet au CES Unveiled de Milan, en désignant AMD comme partenaire d'infrastructure d'IA.
Ce qui sera construit
Le premier site, en Italie, couvrira 5 000 mètres carrés et doit être opérationnel au quatrième trimestre 2027. Un deuxième est prévu ailleurs en Europe et un troisième viserait les marchés mondiaux, sans lieu ni date précisés.
À l'intérieur, des flottes d'humanoïdes GENE.01 exécuteront des tâches dans des reproductions d'environnements d'usine choisis avec des partenaires industriels. Chaque installation physique aura aussi son jumeau numérique, ce qui permettra de générer en simulation des milliers de variantes d'aménagement, d'objets, de matériaux et de pannes. L'entreprise décrit une boucle continue : validation en simulation, déploiement, puis réinjection des données de terrain dans le cycle d'entraînement suivant.
Les données ne se limitent pas aux images. Generative Bionics dit vouloir enregistrer le contact, la force, le mouvement, la proximité et la température, y compris les signaux de la peau tactile qui recouvre tout le corps de GENE.01. Son PDG, Daniele Pucci, a résumé auprès de The Robot Report qu'un robot n'est fait « ni seulement de vision, ni seulement de langage ».
Le rôle d'AMD
Le réseau reposera sur AMD Helios, une architecture à l'échelle du rack chargée de traiter les données physiques et synthétiques, d'entraîner les modèles et d'exécuter en parallèle des scénarios de jumeaux numériques. Aucune des deux entreprises n'a précisé l'ampleur du déploiement ni les conditions financières.
Contexte et réserves
Generative Bionics est issue en 2024 de l'Institut italien de technologie (IIT), dont elle prolonge plus de vingt ans de recherche sur les humanoïdes. Elle inscrit le projet dans une logique de « souveraineté humanoïde » européenne : les données et les modèles de ses robots seraient produits et validés en Europe. Daniele Pucci a aussi affirmé que de nombreux robots chinois concurrents ne sont pas certifiés pour les environnements industriels, positionnant son entreprise sur la sécurité et la clientèle professionnelle.
Le qualificatif de « plus grande d'Europe » et le calendrier relèvent des déclarations de l'entreprise. Aucun montant de financement n'a été communiqué, et le premier site est encore à un an de son ouverture visée. L'annonce reflète néanmoins une idée répandue dans le secteur : ce sont les données issues du monde réel, plus que l'architecture des modèles, qui freinent aujourd'hui les progrès des humanoïdes.
