L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Le Human Research Program de la NASA, l'équipe robotique du Johnson Space Center et le JPL ont travaillé avec Google Public Sector sur cette preuve de concept.
  • Le robot utilise Pi0, modèle open source de Physical Intelligence à 4 milliards de paramètres, affiné en 2,5 heures sur des instances Google Cloud G4.
  • Lors des premières démonstrations en laboratoire, il a atteint 85 % de réussite pour localiser et déplacer une trousse médicale ; aucun essai en vol n'est annoncé.

Google Cloud et la NASA testent un système robotique destiné à épauler les astronautes dans les tâches courantes et les situations médicales lors de longues missions, quand l'aide depuis la Terre risque d'arriver trop tard. Google a présenté ces travaux dans un billet de blog le 27 octobre, et la NASA a confirmé à Nextgov/FCW qu'elle évalue ces outils.

Un robot pour la logistique et les premiers soins

Le système a été mis au point par le Human Research Program de la NASA, l'équipe robotique du Johnson Space Center et le Jet Propulsion Laboratory, avec Google Public Sector. Il s'agit d'une preuve de concept liée au programme Artemis, qui vise à renvoyer des astronautes sur la Lune puis des équipages vers Mars.

Le robot sert d'abord à manipuler du fret, de la logistique et du matériel, par exemple ranger des outils ou fermer des compartiments. Il peut aussi apporter une aide médicale. Google cite le cas d'un astronaute souffrant de fortes douleurs lombaires, signe possible de calculs rénaux : le robot irait chercher et préparer un échographe. Le projet prolonge le Crew Medical Officer Digital Assistant, un outil d'aide à la décision clinique présenté auparavant par la NASA et Google. Google justifie ce besoin d'autonomie par des délais de communication aller-retour pouvant atteindre 44 minutes lors d'une mission martienne.

Conception et essais

Le robot s'appuie sur Pi0, un modèle open source vision-langage-action de Physical Intelligence doté de 4 milliards de paramètres, qui permet de lui donner des consignes en anglais courant. Selon les comptes rendus, Google a affiné ce modèle en 2,5 heures sur des instances Google Cloud G4 et utilisé le simulateur MuJoCo de Google DeepMind pour les tests virtuels. Les modèles affinés ont fonctionné localement sur de petits appareils embarqués peu gourmands en énergie ; en deux ans, l'équipe en a essayé une quinzaine.

Lors d'une démonstration dans l'installation iMETRO du Johnson Space Center, le robot a effectué des opérations de saisie et de dépose pour trouver et déplacer une trousse médicale, avec un taux de réussite de base de 85 %. Le nombre d'essais n'a pas été précisé.

Limites

Il s'agit de premières démonstrations en laboratoire, pas d'essais en vol, et aucun calendrier d'utilisation dans l'espace n'a été donné. Google affirme que le système doit agir sous la supervision des astronautes, sans se substituer à leurs décisions, avec pour objectif à terme d'exécuter des tâches variées sur simple commande vocale. Un porte-parole de la NASA a indiqué que l'évaluation de ces outils se poursuit avec plusieurs partenaires.