L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Philippe Jaenada a reçu le prix Goncourt 2026 le 3 novembre pour « L'Inconnue du quai de Javel ».
- Sur France Inter, le 4 novembre, il a cité trois usages de ChatGPT : une phrase cachée, des réponses absurdes tournées en dérision et de la recherche.
- En septembre, l'Académie Goncourt avait retiré de sa sélection le roman de Thélyson Orélien, soupçonné d'usage de l'IA et de plagiat.
Lauréat du prix Goncourt 2026 le 3 novembre pour « L'Inconnue du quai de Javel », Philippe Jaenada a reconnu que ChatGPT avait joué un petit rôle dans l'écriture de son livre. Invité de la Grande Matinale de France Inter le lendemain, le romancier de 62 ans a décrit trois occasions où il s'est servi de l'outil.
Ce qu'il a dit
D'après les comptes rendus de CGTV, d'Euronews et de Tech Times, le premier usage relève du jeu avec le lecteur : l'écrivain affirme avoir caché dans le roman une phrase produite par ChatGPT. Il ne l'a pas identifiée à l'antenne ; selon ces médias, il ne l'a révélée qu'aux membres du jury Goncourt. Le deuxième usage consistait à se moquer de l'outil, à partir de réponses à des questions techniques qu'il juge absurdes. Le troisième concerne la recherche documentaire, pour laquelle il dit que le chatbot l'a réellement aidé. Il n'a pas donné davantage de précisions.
Philippe Jaenada défend une position pragmatique plutôt qu'enthousiaste. Selon lui, on ne peut pas ignorer l'IA, qui doit être utilisée ouvertement, maîtrisée et ne pas remplacer les auteurs. « Il faut s'en servir, mais d'abord, il faut le reconnaître », a-t-il résumé, selon CGTV. Sur les réseaux sociaux, les réactions relevées par Euronews sont partagées : certains comparent cet usage à celui d'un correcteur orthographique, d'autres disent attendre des romans écrits par leurs seuls auteurs.
Publié chez Flammarion selon Euronews, le livre enquête sur le meurtre non élucidé d'une jeune femme à Paris, dans la lignée de ses précédents ouvrages consacrés à des affaires criminelles anciennes, comme « Sulak » ou « La Serpe ».
Le précédent Orélien
Ces déclarations interviennent dans un contexte sensible. Le 25 septembre, l'Académie Goncourt a retiré de sa deuxième sélection « C'était ça ou mourir », de Thélyson Orélien, estimant dans un communiqué cité par Next que le roman avait selon toute vraisemblance été très largement écrit avec l'IA. L'affaire portait aussi sur des accusations de plagiat, que l'auteur a reconnues. Sur l'IA, les versions divergent : Next relayait un démenti rapporté par Libération, tandis qu'un article ultérieur d'Euronews indique qu'il a admis y avoir recouru pour des recherches. Son éditeur montréalais, les Éditions du Boréal, a mis fin à leur collaboration et annoncé que le livre ne serait pas réimprimé.
Le cas Jaenada diffère par son ampleur et parce que l'auteur l'a lui-même révélé. Il laisse toutefois ouverte la question de ce que les prix littéraires jugent acceptable ; les comptes rendus cités ici ne font état d'aucune réaction de l'Académie.
