L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Lors d'une première réunion ministérielle sur la cybersécurité, le 26 octobre, la Première ministre Sanae Takaichi a demandé d'accélérer les tests de vulnérabilité des systèmes publics par IA et d'élaborer un plan d'urgence en une semaine environ.
- Nikkei a rapporté le 30 octobre que le Japon a demandé à Anthropic et OpenAI un accès élargi à des modèles avancés capables d'identifier des failles de sécurité.
- D'après les derniers articles consultés, le plan d'urgence n'avait pas encore été officiellement présenté, et la réponse des deux entreprises n'est pas connue.
Le gouvernement japonais met la dernière main à un plan d'urgence de cybersécurité après une série d'attaques visant des entreprises du pays et, selon le quotidien Nikkei, il compte s'appuyer davantage sur les développeurs d'IA américains. Le journal a rapporté le 30 octobre que Tokyo a demandé à Anthropic et OpenAI un accès élargi à des modèles avancés capables de détecter des vulnérabilités, et qu'il incitera les opérateurs d'infrastructures critiques à les adopter. L'article de Nikkei est payant ; les médias qui l'ont relayé, dont FourWeekMBA et PANews, indiquent que la partie lisible ne cite aucun modèle précis et ne dit pas si les entreprises ont accepté. D'après les articles les plus récents consultés, le plan lui-même n'avait pas encore été officiellement présenté.
Ce que le gouvernement a ordonné
Cette démarche fait suite à la première réunion ministérielle sur la cybersécurité, tenue le 26 octobre à la résidence du Premier ministre. Sanae Takaichi a jugé la situation grave et demandé qu'un ensemble de mesures d'urgence soit compilé en une semaine environ, selon l'AFP et la chaîne Kumamoto Asahi Broadcasting. Elle a notamment demandé d'utiliser l'IA pour simuler des attaques révélant les faiblesses des systèmes, et d'avancer les contrôles de sécurité des réseaux de l'État. D'autres mesures visent à renforcer l'accompagnement des entreprises touchées par la police et d'autres organismes, à accélérer le partage d'informations sur les attaques et à identifier les auteurs avec les pays alliés. Le Yomiuri Shimbun rapporte que le gouvernement envisage aussi la cyberdéfense active, qui permettrait aux autorités de neutraliser les serveurs attaquants.
Pourquoi l'IA est au cœur du dispositif
Les autorités voient l'IA des deux côtés du problème. Le Bureau national de la cybersécurité a présenté une analyse jugeant probable que les attaquants s'en servent, selon le Yomiuri. L'AFP signale que GMO Internet Group, lui-même visé, a fait état d'une rançon de 50 millions de dollars réclamée par un pirate, et que sa filiale de sécurité a relié plusieurs intrusions récentes à un outil chinois de test de sécurité par IA, baptisé Artex.
Le Japon dispose déjà d'un certain accès à ce type de modèles défensifs. SmartScope rappelle qu'OpenAI a annoncé en mai fournir GPT-5.5-Cyber au gouvernement japonais et à des entreprises agréées. Le 13 octobre, selon PANews citant Nikkei, le ministre chargé de la cybersécurité, Shunji Furukawa, a rencontré Jack Clark, cofondateur d'Anthropic ; les deux parties ont convenu qu'Anthropic collaborerait avec un institut public de sûreté de l'IA pour analyser l'usage de l'IA dans les attaques. Le périmètre et les conditions de l'accès élargi n'ont pas été rendus publics.
