L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Le bureau du National Cyber Director a refusé le 30 octobre de produire des documents clés sur le cadre volontaire de test des modèles d'IA, selon The Information.
- D'après les comptes rendus de la lettre, des exemptions liées à la sécurité nationale et au secret commercial ont été invoquées ; le cadre tiendrait en sept pages.
- Protect Democracy Project avait engagé des poursuites en septembre et obtenu que les documents, accompagnés d'un index des passages exemptés, soient remis au plus tard le 30 octobre.
La Maison Blanche refuse de rendre publics les principaux documents de son dispositif volontaire de test des modèles d'IA les plus avancés avant leur lancement. Selon The Information, le bureau du National Cyber Director (ONCD) a adressé le vendredi 30 octobre une lettre à l'association Protect Democracy Project pour décliner la communication des pièces essentielles, alors que le gouvernement s'était engagé en septembre à les fournir à cette date.
Ce qui était demandé et ce qui a été retenu
Protect Democracy a déposé une demande au titre du Freedom of Information Act (FOIA) en août, puis a porté plainte le 1er septembre devant un tribunal fédéral de Washington. Sont visés l'ONCD, le Commerce, le Trésor et l'Office of Science and Technology Policy. Dans un rapport conjoint déposé le 15 septembre, l'association a réduit sa demande à quatre éléments : le texte du cadre sans caviardage substantiel, les documents remis aux entreprises d'IA sur les conditions de participation à une plateforme baptisée GOLD EAGLE, l'identité des « partenaires de confiance » du dispositif et le fondement juridique de l'ensemble. Le gouvernement avait accepté de produire les documents d'ici au 30 octobre et de fournir un index Vaughn, qui justifie chaque passage retenu.
Selon les comptes rendus de la lettre, l'ONCD a invoqué des exemptions relevant de la sécurité nationale et de la confidentialité commerciale. Des messages du journaliste de The Information Leo Schwartz décrivent le cadre comme un document Word de sept pages et indiquent que l'ONCD et le Commerce semblent agréer des partenaires de confiance pour un accès anticipé aux modèles. La lettre n'a pas été publiée, et l'on ignore encore quels documents ont été retenus en totalité ou en partie. Le prochain rapport conjoint est attendu le 13 novembre.
Le cadre et les laboratoires
Le dispositif découle d'un décret signé le 2 juin, qui donnait 60 jours aux responsables pour bâtir un examen volontaire des modèles les plus puissants. Les développeurs peuvent y donner à l'État un accès aux modèles concernés jusqu'à 30 jours avant leur diffusion plus large, et le texte exclut toute licence obligatoire. La Maison Blanche a assuré que le cadre était achevé à l'échéance du 1er août, sans le publier.
Les participants n'ont pas été officiellement dévoilés. Un responsable de la Maison Blanche a indiqué en août qu'OpenAI, Anthropic et Google avaient commenté un projet de texte, et CBS News a rapporté en septembre que le PDG d'OpenAI, Sam Altman, avait déclaré avoir soumis un modèle à l'examen. Pour Protect Democracy, le gouvernement n'a décrit le cadre qu'en termes généraux, si bien que ses critères, ses participants et sa base légale restent inconnus du public.
