L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Réunis à Atlanta le 31 octobre, les ministres des Affaires étrangères du Quad ont promis plus de 85 millions de dollars d'aide technique et financière pour l'accès à une IA de confiance dans l'Indo-Pacifique, notamment via un accélérateur du Quad.
  • Les quatre pays vont recenser les goulets d'étranglement des chaînes d'approvisionnement en semi-conducteurs et en IA, et désigner des pays prioritaires pour coopérer sur la 5G, la 6G, l'Open RAN et les réseaux d'accès radio dopés à l'IA.
  • Le communiqué publié par Washington emploie le terme « Super Intelligence », une note précisant qu'il désigne l'intelligence artificielle en Australie, en Inde et au Japon.

Les ministres des Affaires étrangères du Quad, qui réunit les États-Unis, l'Inde, le Japon et l'Australie, se sont retrouvés à Atlanta le 31 octobre, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'Indien S. Jaishankar, le Japonais Toshimitsu Motegi et l'Australienne Penny Wong ont publié un communiqué commun sur la prospérité économique et la sécurité qui fait la part belle à la technologie, en particulier à l'IA.

Un financement et un vocabulaire inhabituel

Les quatre gouvernements s'engagent à fournir plus de 85 millions de dollars d'assistance technique et financière pour favoriser l'accès à une IA de confiance dans l'Indo-Pacifique, notamment par l'intermédiaire de ce que le texte appelle le Quad SI Accelerator. Le communiqué ne précise ni la contribution de chaque pays ni la répartition des fonds, souligne l'agence ANI.

Le choix des mots a retenu l'attention. Le texte mis en ligne par le département d'État américain n'écrit jamais « IA » en dehors d'une note de bas de page : il parle partout de « Super Intelligence (SI) », et la note explique qu'en Australie, en Inde et au Japon, ce terme désigne l'intelligence artificielle. Certains comptes rendus de la réunion parlent d'ailleurs simplement de Quad AI Accelerator. Le communiqué met aussi en avant une initiative baptisée Pax Silica, aux côtés de la SI.

Puces, réseaux et identité numérique

Au-delà du financement, les ministres annoncent un nouvel effort pour identifier les goulets d'étranglement des chaînes d'approvisionnement en semi-conducteurs et en IA avant qu'ils ne provoquent des perturbations, et insistent sur la nécessité d'approvisionnements sûrs en puces de pointe et en matériel d'IA. Côté télécoms, ils comptent désigner des pays prioritaires pour coopérer sur la 5G, la 6G, les réseaux d'accès radio ouverts (Open RAN) et les RAN dopés à l'IA. Ils poursuivront en outre la cartographie des normes d'identité numérique ; de hauts responsables cyber du Quad se sont par ailleurs réunis et ont promis de renforcer leur coopération, notamment contre les réseaux d'escroquerie en ligne.

Hors du volet technologique, les États-Unis consacrent 10 millions de dollars à la récupération de minerais critiques dans les déchets électroniques en Inde et en Asie du Sud-Est.

La question chinoise

Devant la presse, Marco Rubio a affirmé que le Quad n'est dirigé contre aucun pays, ses préoccupations portant selon lui sur des comportements venant de manière répétée d'un seul pays, qu'il n'a pas nommé ; le texte commun n'en nomme aucun non plus. Il a annoncé une réunion des dirigeants du Quad à Manille en novembre. À ce stade, les engagements sur l'IA relèvent de l'aide et de la coordination plutôt que de règles contraignantes, et le détail de l'utilisation des 85 millions de dollars reste à publier.