L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Le dépôt porte sur l'amélioration par IA, quasi en temps réel, de vidéos ou de présentations en réalité augmentée d'événements en direct : des agents modifient ou suppriment des mots et retouchent le visage de l'orateur.
- Parmi les usages cités : traduction en direct, suppression des mots de remplissage et des bégaiements, retrait de termes jugés offensants ; la séquence originale pourrait être conservée comme référence.
- Repéré par le site Patentlyze vers le 30 octobre, le document ne s'accompagne d'aucune annonce de produit de la part de Microsoft.
Une demande de brevet de Microsoft, apparue fin octobre, décrit un système capable de modifier ce que dit une personne pendant une diffusion en direct, puis de retoucher son visage pour que les nouveaux mots semblent sortir de sa bouche. Le document a d'abord été repéré par Patentlyze, un site de veille sur les brevets, avant d'être relayé par Futurism le 1er novembre, puis par des médias comme Digit et WION.
Ce que décrit le dépôt
Les inventeurs présentent leur idée comme une amélioration par IA, quasi en temps réel, de vidéos ou de présentations en réalité augmentée d'événements en direct. Selon la lecture qu'en fait Futurism, des agents d'IA repéreraient certains mots dans le discours, puis les remplaceraient ou les supprimeraient en fonction de règles prédéfinies ou du profil de chaque spectateur. Le son et l'image autour de la coupure seraient ajustés pour lisser la transition, et les mouvements de la bouche seraient recalculés en conséquence.
Les usages évoqués sont surtout pratiques : traduire une intervention dans une autre langue avec des lèvres synchronisées, effacer les mots de remplissage, corriger un bégaiement, ou remplacer des termes mal articulés, mal prononcés ou jugés offensants ou déplacés. D'après Digit, les mots de substitution pourraient même provenir d'une recherche sur Internet. Futurism indique que le texte cite les conférences, les présentations, des émissions télévisées comme les cérémonies de remise de prix, les jeux ou la cuisine, ainsi que le sport en direct. Il prévoit aussi d'enregistrer la vidéo et l'audio d'origine comme copie de référence, une « vérité terrain ».
Pourquoi cela interroge
La question soulevée par les articles est celle de l'authenticité. Si les modifications sont personnalisées, des spectateurs différents pourraient voir des versions distinctes d'un même événement sans savoir ce qui a réellement été dit ; Digit relève aussi que les expressions régionales et les accents risqueraient d'être gommés. L'archivage des images originales est présenté comme un garde-fou, mais rien n'indique qui pourrait y accéder. Futurism rappelle enfin que le doublage et le montage existent déjà ; la nouveauté tient au traitement en direct et au cas par cas.
Un brevet n'est pas un produit
Les entreprises déposent souvent des brevets pour des idées qu'elles ne commercialisent jamais, et Microsoft n'a annoncé aucun projet d'intégrer cette technologie à un produit ou un service. Les articles renvoient à une publication numérotée US 2026/0341309 A1 sur le site de l'Office américain des brevets, mais sa date de dépôt et l'état de son examen ne figurent pas dans les reportages consultés. Microsoft n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire de Futurism.
