L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Nile Rodgers défend un clip réalisé avec l'IA pour « The Christmas Song », sa collaboration caritative avec la chanteuse britannique Rebecca Ferguson, attendu le 20 novembre.
- Selon lui, l'équipe l'a préparé comme un film, avec moodboards et storyboards, et un tournage classique aurait coûté environ 100 000 dollars.
- Des internautes et des critiques musicaux jugent l'imagerie générative peu compatible avec une sortie à but caritatif.
Le producteur et guitariste Nile Rodgers multiplie depuis quelques jours les réponses aux critiques sur Instagram à propos du nouveau clip de « The Christmas Song », l'enregistrement caritatif qu'il avait réalisé en 2020 avec la chanteuse soul britannique Rebecca Ferguson. Ce clip s'appuie sur des images générées par IA et, comme l'ont rapporté Consequence et Stereogum le 5 novembre, une bonne partie de ses abonnés l'accueille mal. La version définitive doit sortir le 20 novembre.
Comment le projet a été présenté
Rodgers a d'abord publié une vidéo le montrant en pleine capture dans un dispositif de photogrammétrie, en parlant d'un projet artistique et en expliquant qu'un concert des Eagles au Sphere de Las Vegas lui avait donné l'idée. Il a ensuite partagé des images fixes du clip. D'après Stereogum, il souhaite apporter un peu de joie pendant les fêtes aux enfants malades et alités, pour qui les tablettes sont souvent la principale distraction. Aucun des deux médias ne cite le studio ni les outils utilisés pour produire les visuels.
L'échange avec les fans
Un internaute a qualifié le travail de « bouillie » d'IA destinée aux personnes âgées. Rodgers lui a demandé s'il rejetait aussi les images de synthèse, et l'a invité à voir le résultat avant de juger. Selon Consequence, les critiques ont continué après la publication des images, un abonné estimant que l'usage de l'IA allait à l'encontre de l'esprit d'une sortie caritative.
Dans ses réponses, Rodgers affirme que l'équipe a conçu des moodboards et des storyboards et a abordé le clip comme un film. Il évalue à environ 100 000 dollars le coût d'une production traditionnelle. Il a aussi écrit que l'IA avait fait ce que l'équipe lui demandait, et reproché à certains détracteurs leur hypocrisie : selon lui, ils se servent de l'IA tous les jours pour leurs recherches en ligne ou leurs itinéraires. Il rappelle au passage avoir collaboré par le passé avec Microsoft et Apple.
Un débat plus large
La presse musicale reste sceptique. Ben Kaye, directeur de la rédaction de Consequence, estime que des outils pratiques comme les applications de navigation n'ont rien à voir avec des outils génératifs employés pour créer une œuvre, tandis que Tom Breihan, chez Stereogum, se montre ouvertement sévère envers les images. Les deux médias rappellent qu'en 2023, Rodgers avait confié à MusicRadar que la musique générée par IA ressemblait pour lui à du bruit, tout en comparant l'IA aux boîtes à rythmes et aux séquenceurs, qu'il considérait comme des outils utiles. L'épisode relance le débat entre artistes et public sur la place de l'IA dans la création ; reste à voir comment le clip complet sera reçu à sa sortie.
