L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Rødt dépose le 3 novembre une motion urgente pour un arrêt temporaire des nouveaux centres de données ; SV, MDG, KrF et Sp sont aussi favorables à une pause.
- Le Parti du progrès refuse la procédure d'urgence et veut renvoyer les propositions en commission de l'énergie : aucun vote n'est possible le 3 novembre.
- Selon le régulateur NVE, les centres déjà dotés d'une capacité réseau pourraient consommer 25 TWh par an en 2035, contre 3 à 4 TWh aujourd'hui.
Le parti de gauche radicale norvégien Rødt dépose ce mardi 3 novembre au Storting une motion urgente réclamant l'arrêt temporaire des nouveaux projets de centres de données, le temps d'adopter des règles nationales plus strictes. L'initiative fait suite à l'avertissement du régulateur de l'énergie, qui redoute un déficit électrique. Une décision rapide paraît toutefois compromise.
Une majorité qui se dérobe
D'après E24, la pause voulue par Rødt est soutenue par les chrétiens-démocrates (KrF), le Parti du centre (Sp), la Gauche socialiste (SV) et les Verts (MDG). Les conservateurs (Høyre) et le Parti du progrès (Frp) s'y opposent. Le 2 novembre, le Frp a annoncé qu'il ne voterait pas la procédure d'urgence et préférait renvoyer les propositions à la commission de l'énergie et de l'environnement, selon l'agence NTB. Son porte-parole pour l'énergie, Tor Mikkel Wara, plaide pour un examen à la fois approfondi et rapide, tout en reprochant au gouvernement d'avoir trop tardé à trancher.
Sans le Frp, aucune majorité ne permet de voter dès mardi. Selon NTB, la motion pourrait être examinée au plus tôt le mardi suivant. La dirigeante de Rødt, Marie Sneve Martinussen, se dit convaincue qu'une majorité reste possible.
D'autres pistes circulent. La SV propose que le gouvernement impose une pause par voie réglementaire, au titre de la loi sur l'urbanisme, sur le modèle du gel de cinq ans des centres commerciaux périphériques décidé en 1999, avec des exemptions pour les installations remplissant une fonction critique pour la société. Høyre réclame un plan national, l'interdiction du minage de cryptomonnaies et l'étude d'un régime de licences pour les gros consommateurs d'électricité. Le Parti travailliste, lui, attend un livre blanc sur la souveraineté numérique, prévu vers la fin de 2027 selon E24.
Pourquoi le dossier s'est emballé
Le déclencheur est un rapport du régulateur NVE publié le 29 octobre. Comme l'ont rapporté Reuters et E24, son directeur Kjetil Lund estime que les centres de données ayant déjà obtenu une capacité réseau pourraient consommer 25 TWh par an d'ici 2035, contre 3 à 4 TWh aujourd'hui, soit environ 2,5 % de la demande. La Norvège dégage d'ordinaire un excédent d'environ 15 TWh ; NVE évoque un risque de déficit et de prix plus élevés que chez ses voisins si la production ne suit pas. Kjetil Lund s'interroge aussi sur l'obligation actuelle de raccordement imposée aux gestionnaires de réseau.
Le ministre de l'Énergie, Terje Aasland (travailliste), a déclaré à E24 que le Parlement devrait attendre une solution durable que le gouvernement présentera bientôt, tout en souhaitant continuer d'attirer les centres importants pour la sécurité nationale. Aucune mesure précise n'a encore été annoncée.
