L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- L'outil apprend les tracés et la palette d'une production à partir de trois images colorisées par des artistes, en 90 secondes environ, puis colorise chaque image suivante en 15 secondes environ.
- Yotsukura Tatsuo, d'OLM Digital, estime à environ 30 % la baisse du travail de mise en couleur au stade de la preuve de concept, pour une précision d'environ 80 % ; les artistes vérifient toujours chaque image.
- Le travail est issu d'ANIMINS, projet de recherche retenu dans le programme japonais GENIAC du METI et de la NEDO ; OLM précise qu'il ne s'agit pas d'IA générative.
OLM Digital, filiale de recherche et d'images de synthèse du studio japonais OLM, surtout connu pour l'anime Pokémon, a présenté un outil de colorisation assisté par IA qui s'adapte à chaque production à partir de quelques exemples. Son administrateur Yotsukura Tatsuo l'a décrit au Taiwan Creative Content Fest (TCCF), à Taipei, dans des propos rapportés par Variety et résumés par OtakuKart le 8 novembre.
Comment fonctionne l'outil
Les coloristes peignent d'abord trois images à la main. À partir de celles-ci, le système apprend en 90 secondes environ les tracés et la palette de la production, puis remplit chaque image supplémentaire en 15 secondes environ. Yotsukura Tatsuo insiste : il ne s'agit pas d'IA générative. Au lieu de s'appuyer sur de vastes jeux de données, l'outil n'apprend qu'à partir du matériel de la production concernée. CGWORLD.jp, qui couvrait en mars une session d'OLM Digital à Tokyo, décrivait un outil de finition baptisé SHIAGEDO qui entraîne lui aussi un modèle distinct sur les données avant et après colorisation de chaque plan, puis l'efface une fois le plan terminé.
Ce qu'il fait gagner, et ses limites
Au stade de la preuve de concept, Yotsukura Tatsuo estime que l'outil a réduit d'environ 30 % le travail de mise en couleur, même si le temps de vérification a un peu augmenté. Il évalue la précision à environ 80 % et juge très difficile d'atteindre 90 ou 100 %, en rappelant que de petits écarts de valeurs RVB suffisent à modifier visiblement l'aspect d'une scène. Les artistes contrôlent donc toujours chaque image colorisée, et OLM présente le système comme un moyen de laisser les choix créatifs aux humains. Selon CGWORLD.jp, les plans d'action très mouvementés restent un point faible.
Le projet ANIMINS
L'outil est issu d'ANIMINS (Anime Insight), un projet de recherche de 15 mois dirigé par Yotsukura Tatsuo et lancé en décembre 2024. Il a été retenu comme projet de démonstration dans GENIAC, le programme de soutien à l'IA générative du ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI) et de l'agence publique NEDO, qui vise notamment à pallier la pénurie de main-d'œuvre. D'après Anime Corner, les partenaires comprennent AI Mage et EQUES pour le développement technique, neuf universités et plus de dix studios et éditeurs de logiciels chargés de tester les résultats ; CGWORLD.jp indique que 24 studios ont soutenu les essais en production. Une suite, ANIMINS 2.0, est prévue.
OLM étudie aussi des outils pour aider les réalisateurs à retrouver les choix créatifs passés sur les séries au long cours, ainsi que des agents d'IA pour les validations et les licences, un terrain que le studio aborde avec prudence, selon Yotsukura Tatsuo.
