L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Oracle a fixé le prix de 86,2 millions d'actions à 116 dollars, pour un produit net d'environ 9,9 milliards, et de 10 milliards d'obligations à coupons de 7 % à 8,65 %, échéances 2029 à 2046.
  • Lors de sa journée investisseurs la semaine dernière, Oracle s'est engagé à ne pas lever plus de 20 milliards de dollars supplémentaires pour l'IA d'ici l'exercice 2030, entre dette et capital.
  • Le groupe affichait une dette totale de 125,3 milliards de dollars fin août et dépend fortement de ses contrats avec OpenAI.

Oracle s'est assuré en une seule journée 20 milliards de dollars sur les marchés. Le 2 novembre, le groupe a déposé deux émissions simultanées, l'une d'actions ordinaires, l'autre d'obligations de premier rang, puis en a annoncé le prix dans la soirée : 86 206 897 actions à 116 dollars chacune et 10 milliards de dollars d'obligations. Les deux opérations, indépendantes l'une de l'autre, doivent être finalisées le 4 novembre.

Les conditions

Selon Oracle, la vente d'actions devrait rapporter environ 9,9 milliards de dollars après commissions et frais. Le prix d'émission est nettement inférieur au cours de clôture de 130,67 dollars du 30 octobre cité par ShiftDelete, qui estimait la dilution des actionnaires existants à environ 2,5 %. Les obligations se répartissent en cinq tranches à taux fixe : 2 milliards à 7 % échéance 2029, 1,75 milliard à 7,45 % échéance 2031, 2,25 milliards à 7,85 % échéance 2033, 2,5 milliards à 8 % échéance 2037 et 1,5 milliard à 8,65 % échéance 2046. Les premiers comptes rendus du dépôt évoquaient six tranches, dont une à taux variable.

Oracle affecte les fonds à des besoins généraux, qui peuvent inclure les investissements, le remboursement de dette, des acquisitions, des dividendes ou des rachats d'actions. BofA Securities est coordinateur global unique. D'après GuruFocus, l'action a reculé de 3,2 % avant l'ouverture lundi, une fois le dépôt rendu public.

Pourquoi maintenant ?

L'opération intervient après la journée investisseurs organisée la semaine dernière, où Oracle a expliqué comment financer les capacités cloud qu'il construit, en grande partie pour l'IA. Selon Reuters, le groupe s'est engagé à ne pas lever plus de 20 milliards de dollars supplémentaires pour l'IA d'ici l'exercice 2030, à parts égales entre dette et capital, sa directrice financière Hilary Maxson parlant du dernier montant nécessaire pour le reste du cycle. Oracle prévoit un pic d'investissements cet exercice et le suivant, un flux de trésorerie disponible positif au second semestre de l'exercice 2028 et un chiffre d'affaires supérieur à 225 milliards de dollars pour l'exercice 2030. Son action avait gagné plus de 12 % après ces annonces.

Les risques

Cette levée vient alourdir un bilan déjà chargé. GuruFocus évalue la dette totale d'Oracle à 125,3 milliards de dollars au 31 août et rappelle qu'en février, l'entreprise avait placé 25 milliards d'obligations, réalisé une émission de 5 milliards d'actions de préférence à conversion obligatoire et lancé un programme de vente d'actions au fil de l'eau de 20 milliards. ShiftDelete indique que S&P a abaissé la note d'Oracle à BBB- en juillet, un cran au-dessus de la catégorie spéculative. Reuters souligne qu'OpenAI a ajouté des centaines de milliards de dollars au carnet de commandes cloud d'Oracle ; or OpenAI reste déficitaire, ce qui lie étroitement la rentabilité de ces investissements à la solvabilité d'un seul client.