L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Dans le cadre du programme Grid Protectors, OpenAI prévoit de fixer avec chaque fournisseur d'électricité la quantité de demande qu'un campus peut effacer, à quelle vitesse et pendant combien de temps, selon des modalités propres à chaque site.
- Le pilote est un campus de 3 200 MW prévu dans le comté d'Effingham, en Géorgie, où Georgia Power peut réduire ses livraisons jusqu'à 1 000 MW lors des pics de demande, en vertu d'un contrat de 25 ans.
- OpenAI reconnaît que la flexibilité ne remplace pas de nouvelles centrales ni de nouvelles lignes ; aucun autre site n'a été désigné et le campus géorgien est encore en développement.
OpenAI a présenté le 2 novembre une initiative nationale, baptisée Grid Protectors Program, qui prévoit que ses futurs campus de calcul réduisent leur consommation d'électricité lorsque le réseau local est sous tension. Le premier site concerné est un campus de centres de données en projet dans le comté d'Effingham, en Géorgie, pour lequel l'entreprise s'est déjà engagée sur jusqu'à 1 000 mégawatts de demande flexible.
Le principe du programme
D'après The Next Web et Unite.AI, qui ont résumé l'annonce d'OpenAI, l'entreprise négociera avec les fournisseurs d'électricité, les régulateurs et les responsables politiques la part de charge que chaque campus peut libérer, la rapidité de cette baisse et sa durée. Ces modalités varieront d'un site à l'autre. À certains endroits, OpenAI pourrait aussi alimenter le réseau grâce à une production ou à un stockage sur place.
Pour le projet géorgien, OpenAI s'est engagée à payer l'intégralité des infrastructures et du service électrique nécessaires. L'entreprise ajoute que des contrats de long terme et des garanties financières peuvent protéger les autres clients si un projet est retardé, réduit ou abandonné.
Le pilote en Géorgie
Le campus d'Effingham, connu selon Unite.AI sous le nom de Project Camellia, devrait consommer environ 3 200 MW. Le contrat de Georgia Power pour l'alimenter a été approuvé en août par la commission de régulation de l'État, la Georgia Public Service Commission. Cet accord de 25 ans permet au fournisseur de réduire jusqu'à 1 000 MW l'énergie livrée au site lors des pointes de consommation ; OpenAI compare ce volume à la demande moyenne d'environ 700 000 foyers.
Georgia Power expliquait alors que cette flexibilité lui permet de construire moins de nouvelles centrales. Elle prévoit environ 950 millions de dollars d'économies par an pour ses clients à partir de 2029, mais ce chiffre porte sur l'ensemble de ses contrats avec de gros consommateurs, et non sur le seul site d'OpenAI. Il s'agit de projections de l'entreprise.
Les questions en suspens
Le campus étant toujours en développement, le dispositif n'a pas encore été éprouvé en conditions réelles. OpenAI n'a cité aucun autre site et dit qu'elle dévoilera d'autres engagements une fois finalisés. Elle admet aussi que la flexibilité de la demande ne remplace pas de nouvelles capacités de production ni de nouvelles lignes de transport. Aucun des articles n'indique si OpenAI est rémunérée pour ces effacements.
L'annonce intervient alors que la hausse des factures d'électricité alimente l'opposition locale aux centres de données aux États-Unis, que le Congrès a envisagé de faire payer aux gros consommateurs les renforcements du réseau et que la Maison Blanche a demandé aux promoteurs de signer un engagement volontaire à couvrir leurs coûts d'énergie.
