L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Le ministère de l'Éducation a annoncé le 29 octobre qu'il demandera des enquêtes pénales, notamment pour entrave à l'exercice de fonctions officielles par la ruse, contre les élèves trichant avec des lunettes IA.
  • Il veut allonger l'interdiction de repasser le CSAT d'un an à trois ans au maximum, ce qui exige selon le JoongAng Daily une modification de la loi sur l'enseignement supérieur.
  • Pour l'épreuve du 19 novembre, un spécialiste sera affecté à chacun des 1 312 centres d'examen pour contrôler les lunettes suspectes.

Le ministère sud-coréen de l'Éducation a annoncé le 29 octobre que les candidats surpris avec des lunettes connectées dopées à l'IA lors du CSAT, l'examen national d'entrée à l'université, s'exposeront à des poursuites pénales, en plus des sanctions prévues par le règlement de l'épreuve. L'annonce intervient trois semaines avant la session de cette année, fixée au 19 novembre.

Des sanctions scolaires aux poursuites pénales

Selon l'agence Yonhap, reprise par The Korea Times, et selon le JoongAng Daily, le ministère déposera plainte ou saisira la police, principalement pour entrave à l'exercice de fonctions officielles par des moyens frauduleux. Le Seoul Economic Daily mentionne aussi l'entrave à l'activité professionnelle. Le ministère voit dans ce type de fraude une tentative délibérée et organisée de perturber un examen national. Les articles rappellent un précédent de 2005 : des candidats s'étaient échangé les réponses par téléphone portable, ce qui avait valu à l'un d'eux huit mois de prison avec sursis de deux ans.

Le ministère souhaite également porter l'interdiction de repasser le CSAT d'un an à trois ans au maximum. D'après le JoongAng Daily, cela suppose de modifier la loi sur l'enseignement supérieur ; la mesure ne vaudra donc pas pour la session de novembre. Les universités seront par ailleurs invitées à appliquer des sanctions aussi sévères lors de leurs propres épreuves écrites et entretiens.

Ce qui change le jour de l'examen

Cette annonce complète des règles déjà en vigueur. Les lunettes connectées figurent depuis juillet parmi les objets interdits, et les consignes du CSAT 2027 publiées le 15 octobre par l'Institut coréen des programmes et de l'évaluation (KICE) considèrent leur port comme une fraude : les notes de l'année sont annulées et le candidat est exclu de la session suivante. Le simple fait de les avoir sur soi annule l'épreuve en cours.

Pour le 19 novembre, le JoongAng Daily indique que 1 312 spécialistes seront répartis dans les 1 312 centres d'examen du pays, un par centre, pour déterminer si un appareil suspect est bien une paire de lunettes connectées. Les cas litigieux remonteront à des cellules d'intervention des services éducatifs régionaux, du ministère et du KICE.

Questions en suspens

La détection reste le point faible. Le ministère évalue des détecteurs de signaux mis au point par un organisme spécialisé ; s'ils se révèlent utilisables, ils pourraient équiper les centres au plus tôt l'an prochain. Des cas récents à l'université Yonsei et à l'université de Séoul, rapportés par The Herald Business, concernaient des candidats ayant mis des lunettes connectées en cours d'épreuve ; à Yonsei, les surveillants n'avaient reçu qu'environ une heure de formation pour les repérer.