L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Des militants ont franchi les clôtures du chantier d’un data center de Microsoft à Amsterdam-Sloterdijk vers midi le 6 novembre : des dizaines de personnes selon la police, plusieurs centaines selon les organisateurs.
  • La police antiémeute a évacué le site ; Al Jazeera fait état de 150 à 200 interpellations pour intrusion, la NOS d’une arrestation et d’un policier légèrement blessé.
  • L’action s’inscrivait dans deux jours de mobilisation « Stop Dirty Data Centres » dans 15 pays européens ; Microsoft dit respecter les manifestations pacifiques, mais pas les actions illégales.

Des manifestants ont forcé l’entrée du chantier d’un futur data center de Microsoft, dans le quartier de Sloterdijk à Amsterdam, le vendredi 6 novembre, avant que la police antiémeute n’intervienne pour évacuer les lieux. La NOS et Al Jazeera divergent sur l’ampleur de l’occupation.

Ce qui s’est passé sur le chantier

Selon la NOS, un groupe a percé les clôtures du site vers midi. La police parle de quelques dizaines de personnes entrées ; le collectif Geef Tegengas, qui revendique l’occupation, en annonce plusieurs centaines. Al Jazeera évoque aussi plusieurs centaines de participants, dont des militants propalestiniens. Certains ont escaladé une grue et le toit du bâtiment inachevé, d’autres ont allumé des fumigènes. La NOS signale des banderoles accusant Microsoft de complicité dans la guerre à Gaza, les militants affirmant que l’armée israélienne est cliente du groupe.

La police a indiqué à la NOS avoir tenté d’empêcher l’occupation et avoir fait usage de la force. Un agent a été légèrement blessé. Les unités antiémeute (ME) ont ensuite encerclé des groupes et fait sortir les personnes une à une. La NOS fait état d’une arrestation pour entrave aux travaux, tandis qu’Al Jazeera rapporte que la police a interpellé 150 à 200 personnes soupçonnées d’intrusion. Une manifestation distincte et annoncée de Fossielvrij NL, qui reproche à certains data centers de fonctionner au gaz, se tenait devant les grilles.

Un porte-parole de Geef Tegengas a déclaré à la chaîne locale AT5, cité par Al Jazeera, que l’objectif était d’empêcher purement et simplement la construction. Microsoft dit comprendre que le projet suscite de vives réactions et respecter le droit de manifester pacifiquement, mais ne cautionne pas les actions illégales ou dangereuses pour la sécurité.

Un projet contesté dans une ville qui interdit les nouveaux data centers

Cette occupation faisait partie des nombreuses actions « Stop Dirty Data Centres » organisées les 6 et 7 novembre dans 15 pays européens, selon Al Jazeera, avec des rassemblements également en Allemagne et en Pologne. Les militants estiment que les constructions portées par le cloud et l’IA avancent plus vite que la consultation du public et le contrôle environnemental.

Le projet fait débat. DutchNews rapportait en janvier que le complexe, trois tours de 85 mètres dans la zone portuaire ouest entièrement louées par Microsoft, consommerait à peu près autant d’énergie que la ville de Haarlem. Amsterdam interdit les nouveaux data centers depuis 2023 et une règle nationale de 2022 encadre les très grandes installations, mais le projet échappe aux deux : ses plans sont antérieurs et, selon la province, sa division en trois bâtiments le maintient sous le seuil des « hyperscale ». Des militants de Geef Tegengas s’étaient déjà enchaînés aux grilles du site plus tôt cette année, rappelait la NOS en août.