L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Selon le PDG de DoorDash, Tony Xu, les agents IA tiers comme Muse, Instinct ou Fo n'ont généré que quelques centaines de commandes au total, contre 993 millions de commandes au troisième trimestre.
  • Le PDG d'Amazon, Andy Jassy, affirme que peu de clients achètent via des agents extérieurs et que ceux-ci n'expliquent pas la publicité plus faible que prévu.
  • Amazon a bloqué Muse, l'agent de Meta, en septembre, tandis que Walmart, Shopify et Best Buy l'accueillent, rapporte Fortune.

Deux grandes plateformes de consommation américaines ont profité de leurs conférences de résultats, cette semaine, pour présenter les agents d'achat IA conçus par d'autres entreprises comme un canal encore marginal.

DoorDash : quelques centaines de commandes

Interrogé par un analyste lors de la présentation des résultats du troisième trimestre, le 29 octobre, le PDG de DoorDash, Tony Xu, a indiqué que les agents tiers n'avaient produit que quelques centaines de commandes au total depuis leur mise en service, selon TechCrunch et 24/7 Wall St. TechCrunch cite notamment Muse, Instinct et Fo. Tony Xu juge le domaine très mouvant, mais rappelle que la plupart des clients commandent toujours dans l'application de DoorDash.

L'écart d'échelle est considérable : d'après 24/7 Wall St., DoorDash a traité 993 millions de commandes au troisième trimestre. Le décompte ne concerne que les agents extérieurs. L'entreprise propose ses propres outils de commande par IA, dont le chatbot Ask DoorDash lancé en juin et un agent de commande par SMS, ainsi qu'un connecteur MCP permettant à d'autres chatbots de passer commande. Tony Xu dit vouloir tirer des enseignements de ces usages et voit dans la publicité au sein des agents une piste possible.

Amazon : des agents jugés peu pratiques

Le même jour, lors de la conférence d'Amazon, Andy Jassy a assuré aux investisseurs que peu de clients achètent par l'intermédiaire d'agents extérieurs, une expérience qu'il juge encore médiocre et pas plus pratique que de se rendre directement chez un commerçant, rapporte Fortune. Il n'a pas nommé Muse, l'agent de Meta qu'Amazon a bloqué en septembre en invoquant ses conditions d'utilisation. Il a aussi écarté l'idée que ces agents expliquent des recettes publicitaires inférieures aux attentes ce trimestre.

Il a préféré vanter les outils maison : plus de 400 millions de clients ont utilisé Alexa pour leurs achats au cours de l'année écoulée, et les clients américains qui recourent à l'agent d'achat d'Amazon dépensent 50 % de plus par commande, selon lui.

Un cadrage qui n'est pas neutre

Ces déclarations ne sont pas des mesures indépendantes. Fortune souligne que Muse menace Amazon parce qu'il contourne les publicités et les visites sur le site, qui pèsent lourd dans ses bénéfices. Meta avance d'autres chiffres : selon Mark Zuckerberg, plus de 10 millions de personnes aux États-Unis et au Canada ont configuré Muse, plus d'un quart des utilisateurs s'en servent pour acheter et le panier moyen dépasse 200 dollars. Walmart, Shopify et Best Buy ont ouvert leurs portes à l'agent. Aucune des sources ne précise depuis quand les agents extérieurs ont accès à ces plateformes : ces chiffres offrent un instantané précoce, pas un verdict sur l'avenir du commerce agentique.