L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Drax fournira le terrain et l'électricité sur son site du North Yorkshire, Brookfield le capital via une coentreprise avec le qatari Qai, et Radiant construira et exploitera les centres de données.
- La phase 1, dotée d'un premier financement de 2,5 milliards de livres, vise jusqu'à 100 MW dès le premier trimestre 2028 ; la montée à 500 MW entre 2028 et 2031 reste une ambition.
- Le montant de plus de 20 milliards de livres est une estimation de Brookfield ; aucun locataire, permis de construire ni accord de raccordement n'est acquis.
Le groupe énergétique Drax veut transformer une partie de sa centrale du North Yorkshire en un vaste campus de centres de données pour l'IA. Le 3 novembre, il a annoncé un partenariat avec le fonds d'investissement Brookfield et Radiant, la plateforme d'infrastructures IA de Brookfield basée au Royaume-Uni. Selon l'estimation de Brookfield, l'investissement total pourrait dépasser 20 milliards de livres si toutes les phases voient le jour.
La répartition des rôles
Drax apporte le site et l'électricité, Brookfield le capital, par l'intermédiaire de sa coentreprise d'infrastructures IA avec Qai, une société technologique dont le siège est au Qatar. Radiant construirait et exploiterait les centres de données. Le domaine de 1 000 acres (environ 400 hectares) dispose déjà de 4 GW d'accès au réseau, de 2,6 GW de production pilotable, de systèmes de refroidissement et de liaisons fibre à proximité, des atouts que les partenaires mettent en avant.
La première phase bénéficie d'un financement initial de 2,5 milliards de livres et vise jusqu'à 100 MW à partir du premier trimestre 2028. Une deuxième phase à 500 MW entre 2028 et 2031, puis des capacités supplémentaires, sont présentées comme des ambitions. D'après The Register, les étapes ultérieures porteraient le site au-delà de 1 GW ; à titre de comparaison, le gouvernement britannique estimait en octobre que l'ensemble des centres de données du pays consomme environ 2 GW.
Conditions et questions ouvertes
L'annonce est assortie de nombreuses conditions. Selon Drax, la première phase dépend d'une avancée rapide de la procédure d'urbanisme, des autorisations réglementaires et de raccordement du gouvernement et de l'opérateur du réseau, ainsi que de la signature d'un locataire ; aucun client n'a été nommé. Une consultation locale doit débuter prochainement, la procédure de permis étant visée dans les mois à venir, et les partenaires promettent un fonds volontaire au profit des riverains.
L'approvisionnement électrique mérite aussi l'attention. The Register indique que la phase 1 serait alimentée par le réseau, mais que Drax souhaite fournir jusqu'à 500 MW issus de sa propre production via un contrat d'achat d'électricité de long terme. Or la centrale brûle principalement des granulés de bois importés, et son contrat de soutien public à la biomasse (avril 2027 à mars 2031) ne permet de réorienter jusqu'à 500 MW vers un centre de données qu'avec l'accord des ministres et de la Low Carbon Contracts Company.
Le projet intervient alors que l'opposition locale aux centres de données grandit au Royaume-Uni comme aux États-Unis, en raison des factures d'électricité, de la consommation d'eau et de l'emprise des grands sites industriels. Le directeur général de Drax, Will Gardiner, estime qu'il pourrait contribuer à préserver des centaines d'emplois sur le site.
