L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Selon Bloomberg, des consignes internes publiées en octobre réservent désormais des outils comme Claude Code et GitHub Copilot aux ingénieurs de Goldman.
- Des traders s'en servaient pour suivre les flux de transactions des clients et produire des documents écrits et visuels ; certains seraient mécontents.
- Un porte-parole invoque la productivité et la gestion des risques et affirme que la phase d'expérimentation est terminée.
Goldman Sachs restreint l'accès de la plupart de ses employés aux assistants de programmation par IA les plus avancés. D'après Bloomberg, qui l'a révélé le 2 novembre, des consignes internes diffusées en octobre réservent désormais des outils comme Claude Code d'Anthropic et GitHub Copilot de Microsoft aux ingénieurs de la banque. Traders et banquiers en sont donc privés. The Decoder et PYMNTS ont repris l'information ; Goldman n'a pas rendu publiques ces consignes.
De l'encouragement à la restriction
Le revirement est net. En juillet, le directeur des systèmes d'information, Marco Argenti, vantait le « vibe coding » pratiqué par des collaborateurs non techniques. Le schéma qu'il décrivait : une personne d'une salle de marché ou de la gestion d'actifs assemble rapidement un prototype avec l'IA, puis le confie à l'un des quelque 12 000 ingénieurs du groupe pour en faire un logiciel de production. Selon The Decoder, ce mode de fonctionnement n'est plus d'actualité.
Pendant plusieurs mois, des salariés extérieurs à l'ingénierie ont utilisé ces outils au quotidien. Une source citée par Bloomberg indique que certains traders s'en servaient pour surveiller les flux de transactions de leurs clients et produire des contenus écrits et graphiques, et que la coupure suscite de la frustration.
L'explication de Goldman
Le porte-parole Nick Carcaterra explique que la banque a évalué plusieurs facteurs, dont la productivité et la gestion des risques, pendant une première période de test. Selon lui, cette phase d'expérimentation est close et les outils iront aux équipes les mieux placées pour les exploiter sur la durée. Goldman n'a précisé ni le nombre d'employés concernés, ni le coût des outils, ni si des incidents particuliers ont motivé la décision.
Les banques resserrent leurs règles
Cette décision intervient alors que les grandes banques investissent massivement dans l'IA tout en cherchant à maîtriser coûts et risques de sécurité. PYMNTS rappelle que le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, a déclaré que les agents IA externes ne seraient pas admis dans la banque, que Bank of America limite l'accès des agents aux dépôts des particuliers et que Citigroup interdit aux agents tiers de se connecter aux comptes ou d'effectuer des transactions.
Le cas de Goldman diffère toutefois : il porte sur des outils que la banque avait elle-même autorisés, et non sur des agents extérieurs. Reste à savoir si ces assistants, entre les mains de non-ingénieurs, posent des risques pour le code et les données supérieurs au temps gagné, ou s'il s'agit surtout d'une remise à plat des coûts et de la gouvernance. La déclaration de Goldman cite les deux sans dire lequel a pesé le plus.
