L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Gemini, Gemini Notebook, Gemini in Classroom et Google Search resteront désactivés sur les comptes d'élèves K-12 tant que les administrateurs ne les activent pas, selon Google.
- Le responsable de l'éducation chez Google a indiqué au New York Times que les écoles interdisant l'IA aux élèves n'auront pas accès à la recherche, les deux étant désormais étroitement liés.
- L'ancienne présidente de la FTC Lina Khan et l'association Fairplay accusent Google d'utiliser sa domination dans la recherche pour imposer son IA aux écoles.
Google a annoncé le 3 novembre que ses produits d'IA destinés aux établissements scolaires ne seraient plus activés d'office pour les élèves les plus jeunes. Mais il y a une contrepartie, révélée par le New York Times : les écoles qui bloqueront entièrement l'IA priveront aussi leurs élèves de Google Search.
Ce que Google modifie
Dans un billet de blog, Chris Phillips, vice-président et directeur général de l'éducation chez Google, explique que l'entreprise revoit les réglages de Gemini, Gemini Notebook, Gemini in Classroom et Google Search. Sur les comptes d'élèves du primaire et du secondaire (K-12 aux États-Unis), ces services resteront coupés tant qu'un administrateur de l'établissement ne les aura pas explicitement activés. Google a précisé à Engadget que chaque produit peut être activé séparément. L'entreprise promet davantage de détails aux écoles dans les prochains mois, avant le déploiement ; selon Digital Trends, les nouvelles options sont attendues début 2027.
Cette décision revient en partie sur celle d'août, lorsque Google avait activé des fonctions Gemini dans Classroom pour de nombreux élèves, au grand dam d'une partie des enseignants. Google ajoute que Guided Learning, un mode d'étude pas à pas, est désormais disponible partout dans Classroom, et que Search guidera les élèves dans leurs devoirs au lieu de livrer directement la réponse, avec un pilote ce mois-ci dans quelques écoles américaines.
Pourquoi la recherche dépend de l'IA
D'après CBS News, Chris Phillips a déclaré au New York Times que l'IA est si profondément intégrée à Search qu'une école interdisant l'IA à ses élèves n'aura plus accès à la recherche ; les élèves verraient alors un message de leur établissement indiquant que le service est indisponible. Google affirme avoir conçu ces changements à partir des retours d'écoles, d'enseignants, de chercheurs et de décideurs publics.
Critiques et contexte
La condition a provoqué de vives réactions. L'ancienne présidente de la Federal Trade Commission américaine, Lina Khan, estime que Google se sert de son monopole dans la recherche pour faire pression sur les écoles, et le maire de New York, Zohran Mamdani, accuse l'entreprise d'imposer l'IA aux écoles publiques, rapporte CBS News. Josh Golin, de l'association de défense de l'enfance Fairplay, a jugé auprès de l'AP que cette tentative de forcer la main des écoles risquait de se retourner contre Google.
New York et Los Angeles ont déjà suspendu l'IA générative pour les plus jeunes élèves. Google revendique 150 millions d'élèves et d'enseignants sur Classroom dans le monde ; les districts qui souhaitent garder l'IA désactivée devront désormais arbitrer entre le moteur de recherche de Google et d'autres outils. On ignore encore si la restriction sur Search s'appliquera de la même façon hors des États-Unis.
