L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Bloomberg a rapporté le 6 novembre que Microsoft ne renouvelle pas un contrat de 2023 de location de serveurs IA Oracle utilisés pour Bing, et qu'il éteint progressivement cette capacité.
  • D'après des sources de Bloomberg, les puces Nvidia d'ancienne génération de ces serveurs ne correspondent plus aux besoins de Microsoft ; le montant total du contrat n'est pas connu.
  • Oracle affirme que la demande pour son infrastructure IA, y compris pour d'anciens GPU, reste forte ; son action a reculé le jour de l'article.

Microsoft laisse s'éteindre un accord signé en 2023 pour louer de la capacité de calcul IA à Oracle, a rapporté Bloomberg le vendredi 6 novembre, en s'appuyant sur des personnes au fait du dossier. Selon les reprises de The Next Web et de MarketScale, Microsoft a décidé de ne pas renouveler le contrat et a commencé ces derniers mois à couper la capacité louée. Microsoft n'a pas souhaité commenter.

Ce que couvrait le contrat

L'accord donnait à Microsoft l'accès à des serveurs Oracle pour faire tourner Bing, son moteur de recherche doté d'IA. D'après les sources de Bloomberg, ce matériel repose sur des puces Nvidia d'anciennes générations qui ne répondent plus aux spécifications de Microsoft, ce qui a réduit son utilité au fil du temps. Bloomberg n'a pas pu déterminer la taille du contrat : l'effet financier pour les deux groupes reste donc inconnu.

Bloomberg replace cette décision dans un réexamen plus large, par Microsoft, de ses gros contrats de capacité auprès de fournisseurs cloud tiers. Le groupe s'est engagé à hauteur de plus de 80 milliards de dollars à louer du calcul à des entreprises comme CoreWeave, Nscale et Nebius, et ses dirigeants s'agaceraient des coûts et des retards. The Next Web ajoute que Microsoft aurait renoncé cette semaine à une option d'extension d'un contrat Nscale au Texas, quelques semaines après s'être retiré d'un site Nscale au Royaume-Uni. Microsoft a indiqué à Reuters que sa stratégie combine centres de données détenus, installations louées et partenaires externes, selon MarketScale.

La réponse d'Oracle et la réaction du marché

Oracle a répondu sur X que la demande pour son infrastructure IA OCI reste forte, y compris pour les GPU de générations antérieures. L'entreprise ajoute que la capacité GPU arrivée à renouvellement lors de son premier trimestre a été renouvelée ou revendue, sur des contrats longs, à des prix supérieurs de 20 % aux précédents, un point déjà évoqué lors de sa dernière présentation de résultats.

Les investisseurs ont tout de même réagi. The Next Web chiffre la baisse d'Oracle à environ 3 %, tandis qu'investingLive indique que le titre s'est échangé en séance à 111,35 dollars, soit près de 7 % sous son plus haut du jour, et a touché son niveau le plus bas depuis février 2024.

Pourquoi c'est important

L'épisode illustre un risque déjà signalé pour l'infrastructure IA : le matériel peut se déprécier rapidement à l'arrivée de nouvelles puces. Gartner a averti qu'une part importante des dépenses dans ce domaine pourrait faire l'objet de dépréciations, rapporte The Next Web. Reste à savoir si Oracle parviendra à relouer cette capacité aux conditions qu'il décrit.