L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Selon Reuters, qui cite deux sources proches du dossier, environ 600 000 puces H200 sont entreposées à Hong Kong en attendant d'être expédiées en Chine continentale.
- Pékin n'a pas autorisé d'importations en grand volume, même si plusieurs grands groupes internet chinois ont chacun reçu environ 10 000 H200 ces derniers mois.
- Fin octobre, un serveur à huit puces H200 se négociait plus de 6 millions de yuans sur le marché parallèle chinois, environ trois fois son prix d'il y a un an.
Quelque 600 000 accélérateurs Nvidia H200 seraient stockés à Hong Kong, les autorités chinoises refusant pour l'instant d'autoriser leur importation à grande échelle sur le continent. C'est ce qu'affirme Reuters dans un article publié le 5 novembre, en s'appuyant sur deux personnes au fait du dossier. Les médias qui relaient l'information ne précisent pas à qui appartient ce stock, et Nvidia n'a pas répondu aux questions de l'agence.
Ce que rapporte Reuters
La H200 n'est plus le processeur le plus récent de Nvidia pour les centres de données, mais les entreprises chinoises la recherchent toujours pour entraîner et faire tourner de grands modèles d'IA, notamment parce qu'elle s'appuie sur l'écosystème logiciel du fabricant. D'après Reuters, Pékin laisse entrer certaines unités : une source indique que plusieurs grands groupes internet chinois en ont chacun obtenu environ 10 000 au cours des derniers mois, et trois personnes évoquent de petites quantités, non chiffrées, acheminées par des intermédiaires et des circuits indirects. Les importations massives, elles, restent bloquées.
Les articles relient ce blocage à la politique industrielle chinoise. Pékin souhaite que des acteurs comme Alibaba, ByteDance, Tencent ou DeepSeek se tournent davantage vers des puces conçues en Chine, en particulier pour l'inférence, c'est-à-dire l'exécution des modèles déjà entraînés.
Des prix en forte hausse sur le marché parallèle
La rareté de l'offre autorisée fait grimper les prix sur le marché non officiel. Fin octobre, un serveur équipé de huit H200 était proposé à plus de 6 millions de yuans, soit environ 900 000 dollars, près de trois fois son prix d'un an plus tôt, selon une source citée par Reuters. Les serveurs dotés des puces Blackwell, plus récentes et dont Washington interdit la vente à la Chine, s'affichaient à plus de 20 millions de yuans pièce.
Contexte et inconnues
Côté américain, la situation avait évolué : après la décision du président Donald Trump, en décembre 2025, d'autoriser des ventes limitées de H200, les États-Unis ont commencé en janvier 2026 à examiner au cas par cas les licences d'exportation vers la Chine. Le même mois, Pékin a validé un premier lot d'importations pour ByteDance, Alibaba et Tencent. Depuis, d'après le résumé que fait The Next Web du rapport de Reuters, les restrictions chinoises empêchent Nvidia de livrer toutes les puces qu'il est autorisé à vendre.
La demande pour d'autres produits Nvidia reste forte : un précédent article faisait état de commandes de plus de 3 millions de cartes RTX Pro, une gamme moins puissante conforme aux règles américaines, par ByteDance, Alibaba et Tencent. On ignore si et quand Pékin libérera le stock de Hong Kong. Les chiffres proviennent de sources anonymes et n'ont été confirmés ni par Nvidia ni par les autorités chinoises.
