L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Le New York Times et, séparément, le New York Daily News, le Chicago Tribune et l'Orlando Sentinel ont assigné Brave Software devant le tribunal fédéral de Manhattan le 2 novembre.
  • Les plaintes visent l'index de 30 milliards de pages de Brave, son API Search vendue à des entreprises d'IA, la fonction Ask Brave, une option de contournement des paywalls et le remplacement des publicités.
  • Anthropic, Perplexity, Mistral, xAI et Cohere sont cités comme clients de l'API sans être poursuivis ; Brave n'avait pas réagi publiquement le jour du dépôt.

Brave Software, éditeur du navigateur et du moteur de recherche Brave, fait face à deux procès pour violation du droit d'auteur intentés par des quotidiens américains. Le New York Times a ouvert le bal le 2 novembre devant le tribunal fédéral de Manhattan. Quelques heures plus tard, le New York Daily News, le Chicago Tribune et l'Orlando Sentinel, propriétés du fonds Alden, ont déposé une plainte distincte.

Ce que reprochent les éditeurs

Les deux plaintes portent sur l'index de Brave, un ensemble de plus de 30 milliards de pages web qui alimente Brave Search. Brave l'aurait constitué avec un robot d'exploration jamais nommé, que les sites ne pouvaient donc pas bloquer spécifiquement. Brave vend l'accès à cet index via son API Search, que sa propre communication présente comme un outil pour entraîner et ancrer de grands modèles de langage.

Les plaintes citent cinq clients de l'API : Anthropic, Perplexity, Mistral, xAI et Cohere. Aucun n'est poursuivi. Elles citent aussi un billet de Brave de 2023 selon lequel Anthropic a utilisé l'API pour entraîner Claude 2, sans établir, note PPC Land, qui l'utilise aujourd'hui.

Sont aussi visés Ask Brave, la fonction de réponses par IA, accusée de reprendre des passages mot pour mot et de résumer les articles au point de s'y substituer, une option du navigateur qui franchit les paywalls, et le blocage publicitaire par défaut, qui retire les annonces des éditeurs tandis que Brave vend les siennes.

Griefs et réparations demandées

Les trois journaux d'Alden invoquent cinq chefs : contrefaçon directe, contributive et par fait d'autrui, contournement de mesures techniques de protection au titre du DMCA, et enrichissement sans cause en droit new-yorkais. Plus de deux millions d'articles enregistrés seraient concernés. Le Times, qui revendique plus de 10 millions d'œuvres enregistrées, invoque en outre une contrefaçon délibérée. Il affirme que Brave a ignoré des mises en demeure envoyées en août 2025 et en avril 2026.

Les plaignants réclament des dommages-intérêts légaux et réels, la restitution des profits, une injonction permanente et un procès devant jury, sans chiffrer le total. D'après les plaintes, Brave compte près de 130 millions d'utilisateurs mensuels, et des estimations externes citées situent son chiffre d'affaires 2025 au-delà de 100 millions de dollars.

Contexte et questions ouvertes

Brave n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaire et n'a pas encore répondu aux plaintes en justice. L'affaire prolonge un conflit existant : en mars 2025, Brave avait demandé à un juge de déclarer que son indexation des contenus de News Corp relevait du fair use, et News Corp a contre-attaqué en juillet 2026. Aucune de ces accusations n'a encore été examinée par un tribunal.