L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Proton a informé ses équipes le 26 octobre qu'il allait réinterroger les salariés de toute l'entreprise sur leur usage de l'IA, dans le cadre d'une revue de l'organisation.
- Le 30 octobre, le PDG Andy Yen a annulé ces entretiens lors d'une réunion générale, reconnaissant un défaut de communication tout en promettant de continuer à pousser l'IA, selon 404 Media.
- Des messages Slack divulgués montrent Andy Yen rejetant une demande de tests de sécurité supplémentaires ; Proton n'a pas répondu à 404 Media.
Proton, l'entreprise spécialisée dans la confidentialité qui édite Proton Mail, renonce à interroger la plupart de ses salariés sur leur utilisation de l'IA au travail. Son PDG, Andy Yen, a annulé ces « re-entretiens » le 30 octobre, lors d'une réunion générale d'environ deux heures, rapporte 404 Media, qui dit avoir écouté l'enregistrement de la réunion et interrogé six salariés en poste.
Ce qui avait été annoncé
Le 26 octobre, Proton avait prévenu ses équipes par e-mail qu'il organiserait des entretiens dans toute l'entreprise, selon Tom's Guide et 404 Media. Le message divulgué les qualifiait de déterminants et précisait que leurs conclusions alimenteraient une revue plus large de l'organisation, susceptible de modifier les postes, voire le maintien dans l'emploi. Les séances, prévues du 4 au 11 novembre, devaient être menées par des responsables extérieurs à l'équipe de chaque salarié et réputés à l'aise avec l'IA. Andy Yen avait déjà interrogé plus de 40 cadres de l'ingénierie et du produit avant d'étendre le dispositif.
Dans un message publié sur Reddit et cité par Tom's Guide, Proton a démenti tout projet de licenciements, invoqué une pénurie de talents et des recrutements en cours, et affirmé vouloir comprendre comment les équipes s'adaptent aux outils d'IA et de quel soutien elles ont besoin.
Fuites et volte-face
Une enquête de 404 Media publiée le 29 octobre décrivait la volonté d'Andy Yen de généraliser l'IA malgré des inquiétudes liées à la sécurité. Elle citait des messages Slack dans lesquels il demandait aux équipes de cesser d'écrire le code à la main pour recourir davantage à l'IA, et balayait la proposition d'un salarié de consacrer quelques jours à des tests d'intrusion sur du nouveau code. Le directeur technique, Bart Butler, avait diffusé un manifeste interne annonçant aux salariés que leur ancien métier avait disparu.
Lors de la réunion, Andy Yen a estimé que les entretiens avaient « déjà rempli leur rôle », puisque les salariés discutent désormais de l'IA et s'y forment. Il a admis un défaut de communication de sa part, tout en assurant qu'il continuerait à pousser, et annoncé une réorganisation le mois prochain, sans suppression d'emplois liée à l'IA selon lui. Il a ajouté que le conseil de la Proton Foundation, propriétaire de l'entreprise, suivait la situation de près.
Des réactions partagées
Les salariés sont divisés, selon 404 Media : certains y voient un progrès, d'autres une opération de communication, et l'un d'eux affirme que les critères évalués seront intégrés aux entretiens annuels. Sur Reddit, la réponse d'Andy Yen a été massivement sanctionnée par des votes négatifs, certains utilisateurs disant résilier leur abonnement payant. Proton n'a pas répondu à la demande de commentaire de 404 Media sur cette annulation.
