L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Physical AI Services démarre avec trois produits : Serve Link, Serve Data Curator et un catalogue de données réelles pour les modèles de fondation.
  • La start-up Bedrock Robotics, spécialisée dans l'autonomie des engins de chantier, est citée comme premier client de Serve Link.
  • Le lancement accompagne des résultats trimestriels affichant 2,8 millions de dollars de revenus et une perte nette de 59,2 millions.

Serve Robotics, surtout connue pour ses robots autonomes qui livrent des repas sur les trottoirs, a annoncé le 5 novembre une nouvelle activité baptisée Physical AI Services. L'objectif : vendre à d'autres acteurs de la robotique l'infrastructure logicielle et les données que l'entreprise a développées pour exploiter sa propre flotte. Son PDG, Ali Kashani, a décrit à TechCrunch ce virage comme le « moment AWS » de la société, en référence à Amazon, qui a transformé son infrastructure informatique interne en activité de cloud.

Trois produits au lancement

Selon le communiqué de Serve, l'offre comprend d'abord trois briques. Serve Link est une couche de connectivité censée maintenir un lien fiable entre les robots sur le terrain et les modèles, outils de supervision et systèmes d'entraînement hébergés à distance, afin de profiter d'une IA plus puissante sans tout embarquer à bord. Serve Data Curator doit trier les masses de données enregistrées par une flotte pour en extraire les situations rares ou inhabituelles, les plus utiles à l'entraînement. Le troisième produit est un catalogue de données collectées par les robots de trottoir de Serve, notamment sur le relief et les infrastructures urbaines, destiné aux entreprises qui conçoivent des modèles de fondation pour le monde physique.

L'entreprise cite Bedrock Robotics, une start-up qui développe des systèmes autonomes pour les engins de chantier lourds, comme premier client : elle utilise Serve Link pour relier ses machines via Wi-Fi, réseaux cellulaires et satellite. Serve affirme que sa plateforme gère déjà des milliers de véhicules dans une douzaine de secteurs, dont l'exploitation minière et le transport routier autonome. TechCrunch rapporte par ailleurs une collaboration avec T-Mobile pour rapprocher la puissance de calcul des robots ; le communiqué n'en fait pas mention. Aucun tarif n'a été communiqué.

Le contexte financier

Le lancement coïncide avec la publication des résultats du troisième trimestre. Les revenus ont atteint 2,8 millions de dollars, en hausse de 313 % sur un an mais en recul par rapport aux 3,2 millions du deuxième trimestre, tandis que la perte nette (normes GAAP) s'élève à 59,2 millions. La société a exploité en moyenne 917 robots actifs par jour, relevé sa prévision de revenus annuels à 12 millions de dollars et abaissé ses charges d'exploitation attendues (hors GAAP) à 150 millions. Elle disposait fin septembre de 198 millions de dollars de trésorerie et de titres négociables.

Issue d'Uber en 2021 et propriétaire depuis cette année du fabricant de robots hospitaliers Diligent Robotics, Serve dit avoir déployé plus de 2 000 robots. Son activité de livraison n'est pas abandonnée, précise TechCrunch. Reste à savoir combien de fabricants accepteront de confier une infrastructure essentielle à un fournisseur externe, et quels revenus cette nouvelle activité pourra générer.