L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- Quantum DC prévoit un centre de données IA de 1 200 MW sur environ 120 hectares d'un terrain rural de 220 hectares à Tungkillo, à l'est d'Adélaïde, avec une première phase visée pour 2028.
- L'entreprise a reporté ses réunions d'information aux 20 et 21 novembre pour raisons de sécurité ; les habitants ont tenu leur propre réunion à Tungkillo, puis un rassemblement à Mannum.
- Aucune demande de permis n'a été déposée ; Quantum DC affirme qu'elle attendra la fin de la consultation.
Dans les Adelaide Hills, en Australie-Méridionale, l'opposition à un projet de centre de données pour l'IA s'amplifie. Samedi, ses adversaires ont organisé un rassemblement public à Mannum, deux jours après une réunion de riverains à Tungkillo, rapporte la chaîne publique ABC. Ces deux rendez-vous ont eu lieu alors que le promoteur Quantum DC avait annulé ses propres séances d'information de la semaine.
Le projet et les réunions reportées
Baptisé Tungkillo Compute and Energy Hub, le site afficherait une puissance d'environ 1 200 MW. Les bâtiments et équipements occuperaient près de 120 hectares sur un terrain de 220 hectares situé sur Collins Road. Selon le média spécialisé W.Media, l'entreprise envisage trois phases : une mise en service partielle en 2028 et un achèvement en 2031.
Quantum DC avait programmé des séances à Tungkillo et à Mannum, avant de les repousser aux 20 et 21 novembre en invoquant la sécurité. D'après le site local Murray Bridge News, la séance de Tungkillo a été annulée après une alerte à la bombe signalée ; quelque 600 opposants se sont malgré tout réunis devant le Tungkillo Soldiers' Memorial Hall et ont voté à l'unanimité contre le projet. Le directeur général, Alby Tomassi, a assuré à l'ABC que la société souhaitait entendre les habitants et ne déposerait pas de demande d'aménagement avant la fin de la consultation.
Les arguments de l'entreprise et les craintes locales
Selon Alby Tomassi, environ 80 % de l'électricité proviendrait de contrats éoliens et solaires acheminés par deux nouveaux postes raccordés aux lignes existantes d'ElectraNet, une centrale à gaz sur place assurant l'appoint. L'eau serait issue de la récupération et du recyclage des pluies, sans prélèvement dans le fleuve Murray ni dans les nappes. W.Media évoque une consommation d'environ 20 mégalitres par an en exploitation, et de 150 à 250 mégalitres pendant les travaux.
Les riverains s'inquiètent de l'usage des terres, de l'eau, du bruit et de la pollution lumineuse, à proximité de la réserve de ciel étoilé de la River Murray. L'organisatrice Magdalene Lippett a expliqué à l'ABC que la population n'est pas hostile à tout aménagement, mais conteste les compromis imposés à l'agriculture. Une pétition a dépassé les 4 000 signatures, selon Murray Bridge News.
Les réactions politiques
Le ministre de l'Aménagement, Nick Champion, a rappelé que tout projet devrait passer une évaluation rigoureuse, notamment sur l'énergie et l'eau. Pour la cheffe libérale à la chambre haute, Nicola Centofanti, l'opposition locale à ce site doit être prise en compte. Le chef des Verts, Robert Simms, réclame un moratoire sur les nouveaux centres de données, tandis que Carlos Quaremba (One Nation) évoque une possible alliance transpartisane contre le projet. Le député local Robert Roylance s'y est déclaré opposé, selon Murray Bridge News.
