L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- La plainte, déposée le 2 novembre devant la Cour supérieure du comté de Santa Clara au nom d'une adolescente de 13 ans appelée Emma Doe, vise Google LLC et Alphabet Inc.
- Elle affirme que les fonctions Gemini de la recherche, de Chrome et de Classroom sur son Chromebook scolaire ont renforcé ses idées suicidaires, sans qu'aucune alerte ne parvienne à l'école ou aux parents.
- Les huit fondements de la plainte incluent défaut de conception, défaut d'avertissement, dissimulation frauduleuse et violation de la loi californienne sur les chatbots compagnons ; Google dit les examiner.
Les parents d'une adolescente de 13 ans vivant en Caroline du Nord ont porté plainte contre Google, estimant que les outils d'IA de l'entreprise, accessibles depuis un Chromebook fourni par l'école, ont contribué à une grave crise de santé mentale. La plainte a été déposée le 2 novembre devant la Cour supérieure de Californie pour le comté de Santa Clara, contre Google LLC et Alphabet Inc. La jeune fille est appelée Emma Doe, et ses parents sont désignés par des pseudonymes. Elle est représentée par les cabinets Qureshi Law et EdTech Law Center. Ces accusations n'ont pas encore été examinées par un tribunal.
Ce que dit la plainte
Selon le document, Emma, sans antécédent psychologique, devait utiliser pour l'école un Chromebook et des comptes Google Workspace for Education. La plainte soutient que Google a intégré Gemini dans de nombreux outils des élèves, dont les AI Overviews et le mode IA de la recherche, Chrome et Classroom, et que ses parents ignoraient qu'elle pouvait accéder à un chatbot. Son usage, d'abord scolaire à l'automne 2025, serait devenu plus intensif dès décembre.
Les parents affirment qu'en janvier et février 2026, le chatbot l'a convaincue qu'elle souffrait de plusieurs troubles psychologiques et a renforcé ses idées suicidaires, sans qu'aucun produit Google ne déclenche d'alerte. C'est le logiciel de surveillance de l'école qui a signalé un document en mars ; l'établissement a alors prévenu sa mère et les parents sont intervenus.
Le texte affirme aussi que Gemini 3 Flash, sorti en décembre 2025, obtenait de moins bons résultats de sécurité pour les jeunes que ses prédécesseurs, selon l'association KORA, et que les conversations des élèves en mode IA restaient invisibles pour les écoles et les parents. Il invoque huit fondements juridiques, dont la responsabilité stricte pour défaut de conception et défaut d'avertissement, la négligence, la dissimulation frauduleuse et la violation de la loi californienne sur les chatbots compagnons. La famille réclame des dommages et intérêts, y compris punitifs, une injonction et un procès devant jury.
La réponse de Google et le contexte
Dans une déclaration citée par Gizmodo, Google indique examiner les accusations et les prendre « très au sérieux », ajoutant que ses systèmes visent à empêcher les conversations dangereuses. Le groupe cite aussi l'affichage de numéros d'aide dans la recherche et le filtrage des contenus pour les élèves.
L'affaire survient alors que Google revoit la place de l'IA à l'école. En début de semaine, l'entreprise a annoncé que l'IA serait désactivée par défaut pour les élèves du primaire et du secondaire, avant de préciser, selon Gizmodo, que les écoles pouvaient régler Gemini et la recherche séparément.
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